Disponibilité des médicaments/ Mobilisation générale pour sécuriser le marché pharmaceutique national

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril de chaque année, l’émission « L’invité du jour » a abordé la question de la disponibilité du médicament sur le marché local avec comme invité M. Bouchene Mehdi, expert pharmaceutique, vice-président national du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), chargé du dossier des médicaments et de la veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques.

 

Par Ikram Haou

Bouchene Mehdi a confirmé l’accélération des notes d’inspection, d’instruction et des orientations de la part du ministère de l’Industrie pharmaceutique, qui a demandé aux officines et appelé les professionnels ainsi que les opérateurs à sécuriser leurs stocks de médicaments, vu l’instabilité croissante au Moyen-Orient.

D’après lui, il s’agit d’une réaction proactive visant à éviter toute tension sur le marché national, à rassurer celui-ci, à prévenir les ruptures et à apaiser les patients ainsi que les professionnels de la santé. Il a ajouté que plusieurs initiatives importantes ont été menées par le ministère, dont certaines sont déjà en cours. Il a cité, dans ce cadre, l’exemple de la demande formulée par le ministère, qui a appelé tous les professionnels et les opérateurs à signaler tout problème rencontré lors des opérations de déchargement, de transport et d’approvisionnement en matières premières.

Soulignant que le ministère a engagé plusieurs autres mesures d’inspection et de contrôle des opérateurs, menées par des services mixtes du ministère de l’Industrie pharmaceutique et du ministère du Commerce, sur certains produits pharmaceutiques dans diverses wilayas, afin de vérifier la disponibilité des médicaments ayant connu des ruptures, a-t-il précisé.

Entre-temps, il a expliqué le déroulement de ces missions de contrôle, qui comprennent les producteurs, les importateurs et les distributeurs. Celles-ci visent à vérifier le respect des programmes prévisionnels, à identifier d’éventuelles pratiques non réglementaires et à s’assurer que les stocks disponibles sont effectivement injectés dans le circuit de distribution, a-t-il indiqué.

De plus, l’expert pharmaceutique a évoqué la situation des médicaments en tension, précisant qu’elle est actuellement maîtrisée, avec entre 30 et 60 produits concernés, soit en rupture, soit en tension. Plus précisément, entre 20 et 30 sont disponibles mais difficilement accessibles, tandis que d’autres sont totalement indisponibles, bien que ces cas restent limités.

Dans ce cadre, il a confirmé que le marché national du médicament pourrait être impacté par les perturbations du marché international. Il a noté que parmi les causes principales de l’indisponibilité de certains médicaments figurent la dépendance aux matières premières importées, principalement d’Asie, les contraintes logistiques liées au transport international, ainsi que les choix économiques des laboratoires qui privilégient des marchés plus rentables. Certains médicaments peu coûteux, autour de 200 dinars, ne sont pas fabriqués localement, leur production n’étant pas jugée économiquement viable, a-t-il indiqué.

Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité d’éviter les comportements négatifs influencés par les rumeurs, qui poussent à l’achat inutile de médicaments afin de constituer des stocks sans réelle nécessité, par mesure de précaution mal avisée. Il a également insisté sur une responsabilité collective pour garantir un accès équitable aux médicaments pour tous les citoyens.

Par ailleurs, il a souligné les efforts du ministère pour assurer la disponibilité des médicaments, notant que plusieurs produits ont été remis sur le marché et que les délais de réapprovisionnement sont estimés entre 48 heures et cinq jours, a-t-il affirmé.

Il a également indiqué que le syndicat des pharmaciens joue un rôle très important dans cette situation, en coordination avec les autorités et les opérateurs économiques.

En outre, M. Bouchene a ajouté qu’au cours de ces dernières années, la production nationale a connu une augmentation remarquable de divers biens, et que cette progression contribuera à réduire les coûts d’importation et à garantir la disponibilité de produits pharmaceutiques à des prix raisonnables, grâce à un système de remboursement et à une politique de régulation.

D’après lui, il est également nécessaire de diversifier la production locale afin d’éviter que certains médicaments ne dépendent d’un seul fabricant, ce qui constitue un facteur de risque en cas de défaillance, a-t-il insisté.

D’autre part, M. Bouchene a évoqué les projets industriels en cours, notamment un projet en partenariat entre un opérateur économique algérien et l’entreprise mère qui fabrique le produit en Allemagne. Il a indiqué que ce projet vise à produire localement le médicament « la lévothyroxine » (actuellement importé), avec le label du laboratoire d’origine. Les premières mises sur le marché sont attendues à l’horizon juin 2027, après les étapes nécessaires de stabilisation et de contrôle de qualité.

I.H

 

 

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