Ségrégation raciale / Scruter les origines de l’esclavagisme pour mieux combattre un fléau toujours d’actualité

 

 

Sous le thème « Combattre le racisme par la justice dans les sociétés et entre les nations », un événement éducatif a été organisé le 24 avril dernier, par le centre d’informations en collaboration avec le bureau du haut commissaire aux droits de l’homme et divers partenaires.

 

Par Malika Azeb

 

Cet événement, auquel ont participé 40 étudiants sénégalais est un rappel important de l’impact des injustices historiques sur la société moderne, et aussi pour commémorer les victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

Les étudiants de l’université numérique Cheikh Hamidou Kane ont participé activement, apportant des points de vue et des perspectives divers dans les discussions.

Pour combattre les injustices raciales persistantes, un effort collectif des nations est plus que  nécessaire, soulignent les participants à cet événement.

« Il est important que nous nous souvenions de cette histoire qui n’est pas n’est pas juste une histoire lointaine, elle s’est produite à des moments emblématiques, mais elle continue encore, y compris pas très loin de nous et peut- être même parmi nous » a souligné Robert Kotchani, le représentant régional du haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’ouest.

Parlant du racisme institutionnalisé, Deborah Harris, une enseignante américaine d’anglais à Dakar, a mis en relief ses expériences personnelles ayant elle-même fréquentée les écoles ségréguées en Floride, elle a parlé de l’impact de son environnement éducatif, qui était loin des préjugés raciaux directs et qui favorisait la culture d’excellence et du respect mutuel entre enseignants et les étudiants.

De son coté, Wilma Randall une historienne américaine installée au Sénégal depuis 1998, a parlé du commerce  triangulaire des esclaves qui connectait l’Europe, l’Afrique et les Amériques.

Comme elle a abordé le sujet du racisme scientifique du 18e siècle, pour justifier l’esclavage rappelant le concept infâme de « Drapétomanie », une soit disant maladie mentale inventée par un médecin américain nommé Samuel Cartwright en 1851, pour expliquer l’évasion des esclaves africains vers le nord, afin de recouvrer leur liberté.

Le directeur du centre d’information des Nations Unies, a mis en évidence la désinformation et la mésinformation, ciblant le mouvement black lives matter (un mouvement politique né en 2013 aux états unis), qui veut dire la vie  des noirs compte et comment des faux récits peuvent saper les causes justes et légitimes.

Il a insisté aussi sur l’importance de vérifier la réalité de ses informations pour ne pas tomber dans le piège des contenus numériques faux.

L’événement a également servi de plateforme aux étudiants, pour l’échange des idées et des expériences personnelles liées aux impacts de l’esclavagisme sur la vie contemporaine.

Une étudiante tunisienne en science politique a partagé son expérience de racisme racial vécu en Tunisie.

A la fin de cet événement, Deborah Harris a appelé au respect du principe de traiter autrui comme on souhaiterait être traité soi-même.

Au terme des discussions, les participants ont été conviés à une exposition sur la traite transatlantique.

Notant que cet événement s’est tenu un mois après la journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves commémorée le 25 mars et a été programmé en raison de la situation politique locale au Sénégal.

 

M.A

 

 

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