Plusieurs startups algériennes ont exprimé hier, mercredi à Alger, leur capacité et leur expertise avancée dans le secteur de l’habitat et de la construction, proposant leur soutien au développement de ce domaine par l’innovation.
Par Wahiba Blidi
Lors d’une conférence dédiée aux innovations dans la construction, tenue pendant le Salon international Batimatec 2024, ces entreprises spécialisées dans le contrôle, le suivi et la gestion de données ont exposé leurs projets et partagé leurs succès, notamment dans le cadre de partenariats avec des entités publiques. Bachir Dali, directeur technique chez “Digiteria”, une startup axée sur le suivi numérique dans le génie civil, a présenté sa collaboration avec l’Organisme public de contrôle technique des constructions (CTC). Il a expliqué comment les solutions de suivi, utilisant des capteurs pour surveiller les structures de grande hauteur, ont été appliquées sur des projets emblématiques tels que le minaret de Djamaâ El-Djazair et le Mémorial du martyr à la capitale. “Pour le minaret de Djamaâ El-Djazair, des capteurs permettent de contrôler en continu le comportement de la structure et d’intervenir rapidement en cas de détection d’anomalies”, a précisé M. Dali. De même, Hajer Boumechad, fondatrice de “HR Technology”, spécialisée en systèmes d’information géographique, a indiqué que son entreprise était en charge d’un projet pour le CTC. Ce projet consiste en une plateforme destinée à collecter, analyser et partager des informations variées avec les différents intervenants du secteur. En outre, cette startup développe un projet qui vise à établir un entrepôt de données géo-spatiales utilisant les données du CTC. “Cette plateforme centralisera les données géo-spatiales associées aux projets de construction, incluant des informations de topographie, des plans architecturaux, et des données sur l’utilisation des terres”, a-t-elle expliqué. Ali Brahimi, directeur général adjoint du CTC, considère que l’innovation dans ce secteur répond à un besoin réel et n’est pas simplement une tendance. En ce qui concerne Djamaâ El-Djazair, il a noté que les innovations introduites permettent une surveillance en continu, un entretien efficace, et une intervention rapide en cas de défaillance ou de séismes. Il a ajouté que depuis plus de cinq ans, le CTC s’efforce d’intégrer des systèmes innovants dans ses procédures de contrôle technique pour offrir aux ingénieurs des outils leur permettant d’évaluer les constructions avec objectivité et précision accrue. Il a également mentionné la création, il y a trois ans, d’un comité technique et scientifique qui a développé une plateforme aidant les ingénieurs en cas de catastrophes. De son côté, Wassila Knatef, directrice du partenariat à l’Agence nationale de promotion et de développement des parcs technologiques (ANPT), a souligné l’efficacité des solutions offertes par les startups, développées rapidement et avec qualité par des ingénieurs et techniciens hautement qualifiés. Elle a aussi parlé du rôle de l’ANPT dans la facilitation des interactions entre opérateurs et startups, ainsi que dans l’accompagnement de ces dernières dans leurs démarches administratives et dans la sélection des startups en fonction des besoins spécifiques des opérateurs.
W.B
