L’agence en charge des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA) de l’ONU a averti vendredi dernier sur la situation sanitaire en général au Liban, et particulièrement chez les femmes enceintes.
Par Malika Azeb
Quatorze jours après le début de la « guerre », l’agression a provoqué le déplacement de plus de 820 000 personnes, dont 280 000 femmes en âge de procréer, parmi lesquelles 11 600 femmes enceintes.
La représentante de l’UNFPA au Liban, Anandita Philipose, a souligné que 4 000 femmes enceintes devraient accoucher d’ici trois mois, tandis que 860 le feront d’ici le mois prochain.
« Beaucoup de ces femmes ont été contraintes de rester chez elles, coupées des services de santé essentiels, et obligées d’accoucher dans des conditions dangereuses, certaines même au bord de la route », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, relevant que « dans chaque crise, les femmes et les filles sont confrontées à des risques spécifiques et potentiellement mortels ».
Fuyant les frappes aériennes qui s’intensifient, les femmes enceintes se retrouvent privées de soins en raison de l’interruption des services maternels nécessaires, ce qui contraint ces femmes à accoucher dans des conditions difficiles et dangereuses, parfois dans des lieux publics.
Selon l’ONU, 55 hôpitaux et cliniques ont fermé, soit parce qu’ils se trouvent dans des zones de conflit où les ordres d’évacuation massive ont été donnés, soit parce qu’ils ont subi des dommages directs.
Des milliers de personnes fuient les violences, ce qui entraîne le surpeuplement de plus de 590 abris collectifs.
« Fuyant les frappes aériennes qui s’intensifient, des femmes enceintes accouchent dans la rue, les abris sont dangereusement surpeuplés », a averti l’UNFPA.
Les femmes déplacées sont exposées à différentes agressions. Mme Philipose a précisé dans ce contexte : « Nous surveillons les taux de violence sexiste, y compris la violence sexuelle, l’exploitation, le harcèlement et la traite, qui sont tous susceptibles d’augmenter dans le contexte actuel. »
Depuis le début du conflit, le bilan macabre ne cesse de s’alourdir. Selon le ministère de la Santé publique, pas moins de 700 personnes, dont 103 enfants, ont été tuées et 1 800 blessées, entraînant une pression croissante sur le système de santé libanais déjà surchargé.
MA
