L’Algérie aura son Musée dédié à la biodiversité / Pour valoriser le patrimoine naturel national

Dans le cadre de la stratégie engagée par l’État pour moderniser le soutien logistique opérationnel lié à l’environnement, le ministère de tutelle œuvre au renforcement de la culture de la biodiversité à travers le lancement du projet de Musée national de la biodiversité.

 

 

Par Ikram Haou

La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Mme Kaouter Krikou, a présidé samedi dernier à Alger, en marge du Colloque international sur la biodiversité, la cérémonie de lancement du projet de Musée national de la biodiversité. Plusieurs ministres ainsi que des représentants du secteur de l’environnement issus de différents pays ont assisté à cet événement. Parmi eux figuraient la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Aslaoui, des membres du Gouvernement, ainsi que des ministres et représentants de la Mauritanie, du Tchad, du Portugal et de l’Italie. Des membres de la communauté nationale établie à l’étranger, ainsi que des représentants d’instances, d’organismes nationaux et d’organisations onusiennes, ont également pris part à cette rencontre.

Ce projet d’envergure, à dimension environnementale, culturelle, éducative et scientifique, sera implanté à Staoueli, à Alger, afin de promouvoir et de valoriser le patrimoine naturel du pays.

À cette occasion, la ministre a souligné que ce musée constituera un espace consacré à la valorisation de la richesse du patrimoine naturel national et de la biodiversité algérienne. Il représentera également un établissement de référence en matière de sensibilisation environnementale et de préservation des ressources naturelles.

Les musées constituent des outils essentiels pour sensibiliser le public à la biodiversité. Ils jouent un rôle majeur dans l’éducation environnementale en favorisant une prise de conscience de la fragilité des écosystèmes et de la nécessité de protéger la nature. Comme l’a rappelé la ministre, ces institutions remplissent aussi une mission scientifique et de conservation. Elles représentent des bases de données cruciales permettant de comprendre la diversité biologique de manière scientifique et d’améliorer les solutions destinées à la protéger, tout en respectant les écosystèmes.

Leur rôle est également socio-économique et touristique, ces institutions étant de véritables moteurs de développement. Elles encouragent un tourisme naturel et durable aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.

De nombreux pays ont déjà créé ce type de musées, souvent associés à une dimension historique, à l’image de American Museum of Natural History, fondé en 1869, du Natural History Museum, ouvert en 1881, du Naturhistorisches Museum, inauguré en 1889, du Smithsonian National Museum of Natural History, ouvert en 1910, du Musée d’histoire naturelle de Pékin, fondé en 1951, ou encore du Naturalis Biodiversity Center, inauguré en 2019.

Le tourisme moderne s’oriente de plus en plus vers un modèle naturel et durable, à travers l’écotourisme, permettant ainsi à ces institutions de générer d’importantes retombées économiques. Selon le World Travel and Tourism Council, le tourisme figure parmi les six secteurs économiques dont plus de 80 % des produits et services dépendent fortement de la nature, soit par les ressources nécessaires à leur fonctionnement, soit parce qu’ils sont directement liés aux activités de plein air. Plus de la moitié de la demande touristique mondiale est ainsi motivée par le désir d’être au contact de la nature, qui constitue une ressource essentielle pour une grande partie de cette industrie.

Pour rappel, Mme Krikou a inauguré le Colloque international sur la biodiversité, organisé par son ministère sous l’égide du Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, célébrée le 22 mai de chaque année. Cette édition avait pour thème : « Des actions locales à l’impact mondial ». À travers le lancement de ce projet, l’Algérie a ainsi réaffirmé son engagement en faveur de la valorisation du rôle de la biodiversité.

Cette rencontre a permis de mettre en lumière les richesses naturelles et écologiques de l’Algérie ainsi que celles des pays participants. Elle a été marquée par l’organisation de sessions de débat réunissant experts, chercheurs et décideurs autour des moyens de renforcer la gouvernance environnementale, de valoriser les ressources naturelles et de préserver les écosystèmes. L’accent a également été mis sur les efforts consentis par l’Algérie pour la protection de la biodiversité à travers la Stratégie nationale et le Plan d’action pour la biodiversité (SPANB) 2016-2030, présenté à cette occasion.

I.H

 

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