Journée mondiale de lutte contre la tuberculose/ fléau est toujours là

D’après l’UNESCO, la tuberculose est une maladie qui touche principalement les adultes en pleine force de l’âge. Toutefois, toutes les catégories d’âge sont exposées à ce risque. Plus de 80 % des cas et des décès sont enregistrés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Par Ikram Haou

Sous le slogan « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! », la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose a donné lieu, en Algérie, à une vaste campagne de sensibilisation portant sur les symptômes, les risques ainsi que les moyens de prévention et de guérison de cette maladie contagieuse.

La tuberculose est responsable d’environ 4 500 décès par jour dans le monde et demeure la principale cause de mortalité d’origine infectieuse. Lors d’une intervention sur la radio Chaîne 3, à l’occasion de cette journée célébrée le 24 mars de chaque année, le professeur Zitouni a défini cette pathologie comme une maladie contagieuse provoquée par une bactérie appartenant à la famille des mycobactéries. Parmi celles-ci, celle qui affecte l’homme, notamment en Algérie, est le Mycobacterium tuberculosis (bacille de Koch), responsable de la tuberculose humaine.

Cette maladie se manifeste par une fatigue importante, un amaigrissement, une toux chronique et une altération de l’état général, a-t-il précisé.

Selon le professeur Ali Halassa Sofiane, le principal organe ciblé par la tuberculose est le poumon, car ce bacille se développe particulièrement bien en présence d’oxygène. Toutefois, il peut également atteindre d’autres organes, tels que les vertèbres, le tube digestif, les reins, le cerveau, les articulations, les os et les ganglions, ce que l’on appelle la tuberculose extra-pulmonaire (TEP).

La transmission de la maladie se fait par voie aérienne. Lorsqu’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire tousse, éternue ou crache, elle libère des bacilles dans l’air. Il suffit alors d’une proximité de quelques mètres pour qu’une contamination survienne.

Les deux professeurs ont insisté sur la nécessité de renforcer les actions de prévention, d’améliorer l’accès aux soins et d’intensifier le dépistage, notamment grâce aux nouvelles technologies. Ils ont également souligné l’importance de sensibiliser davantage l’opinion publique afin d’éradiquer cette maladie.

La docteure Imane Touari, maître assistante en pneumo-phtisiologie au CHU de Beni Messous, a rappelé qu’il s’agit d’une maladie infectieuse encore fréquente en Algérie, avec 18 512 cas recensés. Bien qu’elle puisse être grave, elle reste curable si elle est prise en charge à temps. Elle peut toucher tous les organes, mais atteint principalement les poumons, seule forme réellement contagieuse.

Elle a également précisé que la transmission est interhumaine et se fait par voie aérienne, notamment lorsque le malade parle, tousse ou éternue. Pour rompre la chaîne de transmission, elle recommande un dépistage précoce permettant une prise en charge rapide des patients, ce qui réduit considérablement la contagiosité. Elle insiste aussi sur l’importance de la vaccination, particulièrement chez les enfants, afin de prévenir les formes graves, ainsi que sur le dépistage des sujets contacts. En Algérie, le dépistage est gratuit et le traitement, bien que relativement long (environ six mois), permet la guérison s’il est correctement suivi.

Les principaux signes devant alerter sont une toux persistante, une fatigue intense, une perte d’appétit (anorexie) et une perte de poids.

La docteure Sara Assissi, maître assistante en pneumologie au CHU de Beni Messous, souligne que la tuberculose constitue encore un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale et nationale. Malgré une baisse relative des cas, la maladie persiste. Le ministère de la Santé, ainsi que les professionnels de santé, déploient d’importants efforts pour en réduire la fréquence, notamment à travers des campagnes de sensibilisation.

Il convient de rappeler que la date du 24 mars a été choisie en référence à l’annonce faite en 1882 par le médecin allemand Robert Koch, qui identifia le bacille responsable de la tuberculose, ouvrant ainsi la voie au diagnostic et au traitement de la maladie. Cette découverte lui valut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1905, et il est aujourd’hui considéré comme l’un des fondateurs de la bactériologie.

Au XIXe siècle, la tuberculose, alors appelée « peste blanche », était l’une des maladies les plus meurtrières, causant près de 10 millions de décès en Europe et aux États-Unis. Favorisée par l’industrialisation, la surpopulation urbaine et la pauvreté, elle touchait particulièrement les jeunes et les travailleurs, représentant jusqu’à un tiers des décès.

Aujourd’hui, la maladie reste très présente dans le monde. Selon les données récentes, environ 87 % des nouveaux cas sont concentrés dans 30 pays fortement touchés, notamment l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, la Chine, le Pakistan, le Nigéria, la République démocratique du Congo et le Bangladesh.

En 2022, la tuberculose constituait la deuxième cause de décès due à un seul agent infectieux, après la Covid-19 et devant le sida. Selon un rapport de l’OMS publié en 2025, environ 10,7 à 10,8 millions de personnes ont contracté la maladie en 2024, et 1,25 million en sont décédées.

Dans la région du Grand Maghreb, 66 433 nouveaux cas ont été recensés en 2022. Le Maroc arrive en tête avec 35 000 cas (52,5 %), suivi de l’Algérie avec 19 133 cas (29 %), puis de la Tunisie, de la Libye et de la Mauritanie.

En 2023, l’Algérie a renforcé son Programme national de lutte antituberculeuse (PNLAT), une stratégie sanitaire structurée visant à assurer le dépistage et le traitement gratuits de la maladie, après la déclaration de plus de 18 000 cas.

Sur le plan culturel, il est courant d’entendre, en Algérie, l’expression « Mbercel » pour désigner une personne très malade, notamment lorsqu’elle tousse beaucoup. Bien que l’origine exacte de ce terme reste incertaine, sa proximité phonétique avec le mot « tuberculose » laisse penser à une possible dérivation.

En somme, la tuberculose demeure une maladie grave, contagieuse et toujours présente, qui touche toutes les tranches d’âge, en particulier les jeunes, et se transmet principalement par voie respiratoire.

I.H

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