Le Maroc impliqué dans un vaste scandale de corruption au Parlement européen

Le Maroc est impliqué dans un retentissant scandale de corruption au sein du Parlement européen, à la suite d’une enquête déclenchée par le parquet fédéral belge qui a mis en cause une quinzaine de députés européens dont certains ont avoué avoir fait partie d’une organisation utilisée par les services secrets de Rabat, rapportent plusieurs médias internationaux. L’affaire, qui fait grand bruit à Bruxelles, a débouché notamment sur l’arrestation d’une des vice-présidentes du Parlement, la Grecque Eva Kaili dont le compagnon Francesco Giorgi a avoué jeudi aux enquêteurs belges avoir fait partie d’une organisation utilisée par le Maroc “dans le but d’interférer et d’influencer les affaires européennes”, écrit le journal belge francophone Le Soir, sur la base de documents consultés avec le média italien La Repubblica. Il y a cinq mois, le service de renseignement belge, assisté d’autres services européens, apprend l’existence d’un “réseau” qui travaille “pour le compte” du Maroc. L’acte dressé par le parquet de Bruxelles montre une incroyable richesse de détails. Et une suite d’opérations décidées et convenues au sein d’un système éprouvé. En fait, chaque démarche vise à mener une “activité d’ingérence” au siège de l’Union européenne (UE) et dans les postes clés des institutions communautaires, en particulier le Parlement. La Repubblica écrit encore : “Le plus actif dans la recherche « d’influence » est l’Etat du Maroc. Rencontres, entretiens et dîners avec les plus hauts responsables des services secrets de Rabat sont une constante de ce dispositif”. La “clique”, en fait, a d’abord été branchée par un officier de la DGED, en poste à Rabat. Il s’agit de Belharace Mohammed, qui a également pu compter sur l’intermédiation d’un diplomate basé à Varsovie : Abderrahim Atmoun. Dans le mandat d’arrêt, en effet, sont rapportées les analyses du renseignement bruxellois : les trois de la “clique” collaborent avec les services marocains, il n’y a “aucun doute”. Il s’agit du deuxième scandale de grande ampleur dans lequel le Maroc est impliqué après l’affaire d’espionnage Pegasus, du nom du logiciel développé par une société sioniste (NSO group) qui a permis au Royaume d’espionner des personnalités sur son territoire mais également à l’étranger.

 

R.I

 

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