Les évacuations d’étrangers se poursuivaient hier, lundi, au Soudan où neuf jours de combats pour le pouvoir entre armée et paramilitaires ont fait des centaines de morts, sans aucune issue en vue. Explosions, raids aériens et tirs n’ont pas cessé à Khartoum et dans d’autres villes, mais les capitales étrangères sont parvenues à négocier des passages avec les deux belligérants: l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du Soudan, et son adjoint devenu rival, le général Mohamed Hamdane Daglo, qui commande les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Il a fallu “profiter d’une petite fenêtre d’opportunité”, explique un porte-parole du gouvernement britannique. Selon lui, “avec des combats intenses à Khartoum et la fermeture du principal aéroport”, théâtre de combats dès le premier jour des hostilités, le 15 avril, “une évacuation temporaire plus large était impossible”. Plus de 1.000 ressortissants de l’UE ont malgré tout été évacués, a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. “Un premier groupe” de Chinois, plusieurs dizaines de Sud-Africains et des centaines de ressortissants de pays arabes sont aussi sortis, par la route, la mer ou les airs. Les violences, principalement à Khartoum et au Darfour, dans l’ouest, ont fait selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plus de 420 morts et 3.700 blessés. La plupart des étrangers évacués sont des membres du personnel diplomatique. De nombreux ressortissants attendent, eux, toujours une place dans les longs convois de voitures blanches ou les bus qui partent en continu de Khartoum. Si de nombreux étrangers sont partis, qu’adviendra-t-il des Soudanais, se demandent experts et humanitaires. Les cinq millions d’habitants de Khartoum, eux, n’ont qu’une idée en tête: quitter la ville en proie au chaos.
R.I
