Le gouvernement danois a décliné tout appui à un projet initié par l’entreprise GreenGo Energy, spécialisée dans les énergies renouvelables, visant le territoire du Sahara occidental, actuellement sous occupation marocaine. L’information a été révélée par Danwatch, un média d’investigation du Danemark.
Anders Heine Jensen, directeur général de GreenGo Energy, avait sollicité l’ambassade danoise à Rabat pour obtenir des orientations concernant les activités de son entreprise dans cette zone. L’ambassadeur d’alors, Jesper Kammersgaard, lui a répondu en réaffirmant la position officielle du Danemark ainsi que celle de l’Union européenne sur le dossier sahraoui. Il a également transmis une résolution parlementaire danoise datant de 2016, rappelant l’obligation pour les sociétés danoises de faire preuve d’une extrême prudence dans toute initiative commerciale dans les territoires non autonomes, en s’assurant de leur conformité avec les droits et les intérêts de la population sahraouie.
Malgré une tentative, en 2024, de conclure un accord avec les autorités marocaines concernant ce projet controversé, GreenGo Energy n’a pas obtenu de soutien. Le ministère danois des Affaires étrangères a précisé par courriel qu’il ne fournit aucune assistance aux entreprises souhaitant opérer dans cette région. Toutefois, il peut informer sur le cadre général d’engagement, en s’appuyant toujours sur la résolution parlementaire évoquée.
Cette posture a été saluée par Erik Hagen, membre de l’organisation Western Sahara Resource Watch (WSRW) et responsable d’un comité norvégien de soutien au Sahara occidental. Selon lui, l’ambassade danoise a adopté une attitude cohérente avec le droit international, en refusant toute complicité avec l’occupation illégale du territoire. Il a rappelé que les États ont le devoir de ne pas favoriser les violations du droit international et s’est félicité de la position « habile » du Danemark.
Dans une correspondance récente adressée à GreenGo Energy, WSRW a exhorté la société à se conformer aux principes d’éthique, de transparence, et à respecter les décisions juridiques pertinentes. L’ONG fait référence aux arrêts rendus le 4 octobre 2024 par la Cour de justice de l’Union européenne, qui réaffirment que le Sahara occidental est un territoire distinct du Maroc, sur lequel ce dernier ne détient ni souveraineté ni mandat administratif.
Ces décisions précisent également que les zones maritimes adjacentes ne peuvent être assimilées aux eaux marocaines, que ce soit en termes de pêche, de juridiction ou de droits économiques. La Cour insiste sur le fait que toute activité ou accord commercial impliquant le Sahara occidental nécessite le consentement explicite de son peuple, et non simplement de la population résidant dans le territoire.
Enfin, la juridiction européenne reconnaît le Front Polisario comme représentant légitime du peuple sahraoui, avec la capacité d’agir en justice au nom de ce dernier pour faire valoir son droit à l’autodétermination, conformément aux principes des Nations Unies.
KAD
