L’expert en industries gazières de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), Wael Hamed Abdel Moati, a mis en avant la situation géographique avantageuse de l’Algérie qui la positionne comme un acteur compétitif sur les marchés gaziers internationaux.
Abdela
Selon lui, cela fait de l’Algérie le candidat idéal pour être un point de passage clé pour les futurs projets de transport de gaz, notamment depuis le Nigeria vers l’Europe. Dans une interview avec l’APS, M. Abdel Moati a expliqué que l’Algérie, grâce à sa localisation et sa proximité avec des zones riches en gaz comme le Nigeria, est parfaitement placée pour faciliter le transit du gaz vers l’Europe, lorsque les conditions économiques et politiques seront favorables. Il a souligné que l’Algérie dispose déjà d’une capacité d’exportation excédentaire grâce à ses gazoducs existants vers l’Europe. L’expert a également souligné la capacité de l’Algérie à exporter de grandes quantités de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe en fonction de la demande et des surplus de production, en raison de sa compétitivité sur les marchés internationaux et sa position éloignée des zones de conflit, ce qui en fait un fournisseur fiable. Il a rappelé que l’Algérie a été le berceau de l’industrie gazière africaine depuis les années 1960, en inaugurant le premier complexe de liquéfaction de gaz au monde à Arzew en 1964, ce qui a marqué le début du commerce international du GNL et établi l’Algérie comme un pionnier dans ce secteur sur le continent. Aujourd’hui, l’Algérie a pris la tête en Afrique en tant que principal exportateur de GNL, surpassant le Nigeria qui détenait cette position pendant plus de dix ans. M. Abdel Moati attribue ce succès à l’expérience historique de l’Algérie dans l’utilisation du gaz pour le développement économique et à son système d’exportation diversifié, le plus important en capacité sur le continent. Dans cette analyse, l’expert et auteur du rapport récent de l’OPAEP sur l’évolution des marchés du gaz et de l’hydrogène en 2023, a noté l’accomplissement notable de l’Algérie qui a vu ses exportations de GNL atteindre près de 13 millions de tonnes cette année, avec une croissance annuelle impressionnante de 26%. Ce taux est le plus élevé parmi les nations arabes et l’un des plus significatifs au niveau mondial pour la période concernée. De plus, M. Moati a mis en avant l’importance du contrat de fourniture de gaz naturel à moyen terme conclu récemment entre Sonatrach et la société allemande VNG Handel&VertriebGmbH, considérant cet accord comme un indicateur de la confiance et de la fiabilité dont jouit l’Algérie auprès des marchés européens. Cette confiance est d’autant plus remarquable que la société allemande, traditionnellement réticente à ce type d’engagement, a opté pour un contrat à moyen terme au lieu de transactions ponctuelles sur le marché spot. L’expert de l’OPAEP a également souligné que les infrastructures algériennes de transport de gaz, connectant le pays aux marchés européens, pourraient être adaptées pour l’exportation d’hydrogène, soit par des modifications techniques soit par la création de nouvelles voies parallèles, intégrant le corridor sud de l’hydrogène. Il prévoit que l’Algérie, déjà établie comme fournisseur de gaz vers l’Europe, avec l’Allemagne en tête, est bien positionnée pour devenir un fournisseur majeur d’hydrogène, répondant à la demande européenne de 10 millions de tonnes d’hydrogène importé annuellement hors UE. L’expert considère les efforts de l’Algérie pour se positionner dans le secteur de l’hydrogène, notamment avec l’annonce de sa stratégie nationale pour l’hydrogène en mars 2023, comme cruciaux pour attirer l’intérêt international et encourager les investissements dans ce domaine émergent.
A.K
