Piégés dans le sud de Ghaza, près de la frontière avec l’Egypte / Les Palestiniens poussés vers une seconde Nakba

 

 

Le sud de la bande de Ghaza était en proie à d’intenses attaques sionistes hier, dimanche. Les raids ont fait au moins dix morts à Khan Younès dans la nuit et au petit matin.

Par  Tinhinane Ait Afrah

 

L’aviation sioniste a mené des « raids aériens très violents » près de Khan Younès, et sur la route entre cette ville et celle de Rafah, près de la frontière avec l’Egypte, dans le sud de Ghaza, où des centaines de milliers de personnes se retrouvent piégées, indique-t-on de sources palestiniennes. Au tout début de son offensive terrestre, l’armée sioniste avait pourtant demandé à la population du nord de la bande de Ghaza de se rendre au sud. Le chef de l’Unrwa affirme que l’entité sioniste essaie de pousser les Ghazaouis vers l’Egypte. Dans une tribune publiée samedi dans le Los Angeles Times, Philippe Lazzarini, chef de l’UNRWA, a souligné l’aggravation de la crise humanitaire à Ghaza et la concentration croissante près de la frontière de civils déplacés qui ont fui les combats, d’abord dans le nord, puis plus au sud. « Les Nations unies et plusieurs États membres, ont fermement rejeté l’idée de déplacer de force les habitants de la bande de Ghaza », a-t-il déclaré. « Mais les développements auxquels nous assistons montrent qu’il y a des tentatives de déplacer les Palestiniens vers l’Égypte, qu’ils y restent ou qu’ils soient réinstallés ailleurs. » Les destructions massives dans le nord du territoire palestinien et les déplacements qui en résultent constituent « la première étape d’un tel scénario », a-t-il ajouté, tandis que le fait de forcer les civils de la grande ville du sud de Khan Younès à se rapprocher de la frontière égyptienne en constitue la suivante. « Si cette voie se poursuit, conduisant à ce que beaucoup appellent déjà une seconde Nakba, Ghaza ne sera plus une terre pour les Palestiniens », a déclaré Philippe Lazzarini. L’OMS a, de son coté, convoqué une session extraordinaire sur les conditions sanitaires dans les territoires palestiniens, son chef décrivant un système en ruine et des médecins confrontés à un travail « impossible ». « L’impact du conflit sur la santé est catastrophique » et les agents de santé « font de leur mieux dans des conditions inimaginables », a déclaré hier, dimanche, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à l’ouverture de la réunion. « Alors que de plus en plus de personnes se déplacent vers des zones de plus en plus réduites, la surpopulation, combinée au manque de nourriture, d’eau, d’abris et d’assainissement adéquats, créent les conditions idéales pour la propagation » des maladies, a-t-il ajouté. Il a fait état de signes inquiétants de maladies épidémiques qui risquent de s’aggraver avec la détérioration de la situation et l’arrivée des conditions hivernales. «Le système de santé de Gaza est à genoux et s’effondre », a-t-il ajouté, avec seulement 14 hôpitaux sur 36 fonctionnant avec une certaine capacité, et deux de ces établissements sont situés dans le nord du territoire côtier. Seuls 1.400 lits d’hôpitaux sur les 3.500 initiaux sont encore disponibles, tandis que les deux principaux hôpitaux dans le sud de Gaza fonctionnent avec un tiers de leur capacité initiale en lits, étant à court de fournitures et abritant des milliers de personnes déplacées, a-t-il ajouté. Depuis le 7 octobre, l’OMS a relevé plus de 449 attaques contre des centres de santé à Ghaza et en Cisjordanie occupée, a ajouté le patron de l’OMS. « Le travail des personnels de santé est impossible et ils sont directement dans la ligne de mire », a-t-il ajouté. Notons, par ailleurs, que l’agression sioniste contre la bande de Ghaza a fait jusque là 17. 674  martyrs et 49.300 blessés, a fait savoir, samedi soir, le ministère palestinien de la Santé. “17. 400 Palestiniens sont tombés en martyrs dans la bande de Ghaza  et 274 autres en Cisjordanie occupée”, a précisé le ministère, faisant remarquer que “la majorité des martyrs sont des enfants, des personnes âgées et des femmes”. Le ministère a, en outre, ajouté que “les estimations indiquent qu’environ 1,9 million de personnes à Ghaza, soit environ 85 % de la population, sont déplacées à l’intérieur du pays, dont environ 1,2 million sont enregistrées dans 151 installations de l’Office des Nations unies pour les réfugiés”. La même source a souligné, par ailleurs,  que “les attaques des colons sionistes se poursuivent, depuis le 7 octobre dernier, faisant des blessés et des dommages aux propriétés appartenant à des Palestiniens”.

 

T.A.A

 

 

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