Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a indiqué, mardi à Alger, que le secteur procèdera, au début de la semaine prochaine, au déstockage progressif d’une quantité de 100.000 quintaux de pomme de terre et à sa mise sur le marché, précisant que l’approvisionnement est stable en ce tubercule. Lors d’un point de presse, en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation, le ministre a déclaré que cette étape s’achèvera à la fin décembre prochain, affirmant que l’approvisionnement en pomme de terre est stable en Algérie. La campagne de récolte de la pomme de terre sera lancée dans certaines régions du pays, à l’instar de Mostaganem et Skikda, à la fin novembre, sachant que le secteur avait entamé, depuis 6 mois, l’opération de distribution de la production nationale de semences, outre la réunion des conditions idoines à la production, parallèlement au stockage de quantités considérables de pomme de terre au niveau des établissements économiques relevant du secteur. Le secteur se prépare pour le mois de Ramadhan en vue d’éviter la pénurie et œuvre à la stabilité des prix, surtout que cette denrée alimentaire est saisonnière et connaît une période de soudure entre novembre et décembre et entre mars et avril. Dans le cadre des préparatifs pour le mois de Ramadhan, le ministre a fait état de la remise d’un plan d’action au Conseil interprofessionnel de la filière avicole, lui permettant de réguler raisonnablement les prix. Au cours de cette semaine, l’Office national des aliments de bétails (ONAB) a été instruit d’injecter des quantités de ce produit sur le marché au prix de 320 DA/kilogramme. Concernant la filière des viandes rouges, le ministre a fait savoir que le secteur tiendra une réunion avec toutes les représentations des fédérations de production de viandes rouges, le Conseil national interprofessionnel de la filière viandes rouges (CNIFVR) ainsi qu’avec tous les acteurs, pour demander les solutions possibles dans le cadre de la subvention accordée par l’Etat. Il a rassuré sur la disponibilité des stocks d’orge subventionné destiné à alimenter le bétail, le secteur n’ayant encore reçu aucune demande des éleveurs sur l’orge, ce qui prouve, a-t-il dit, qu'”ils utilisent actuellement leurs propres stocks”. Sur ordre des hautes autorités, le secteur lancera, en novembre prochain, une opération de recensement des éleveurs pour évaluer la richesse animale nationale, élaborer une véritable politique de subvention et rationaliser les prix des viandes rouges. Pour ce qui est de l’importation du matériel agricole de moins de 5 ans, le ministre a précisé que cette mesure entrera en vigueur dès 2023 dans le cadre de la Loi de finances, et qu’elle concerne tous le matériel agricole, notamment celui destiné aux grandes surfaces et au sud qui nécessite un matériel spécialisé et adapté.
Nécessité de réduire le nombre d’intermédiaires sur le marché des viandes pour maitriser les prix
Concernant la hausse des prix des viandes, le ministre a estimé que celle-ci était injustifiée, au vu de la stabilité des prix des aliments de bétail sur le marché mondial, relevant à ce propos la nécessité de réduire le nombre d’intermédiaires en vue de maitriser ces prix. Dans une déclaration à la presse en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation, M. Henni a relevé la nécessité de réguler le marché des viandes rouges et réduire le nombre d’intervenants qui, considère-t-il, sont “la raison principale de la hausse des prix”. A cet titre, le ministre a souligné que les prix élevés de la viande d’agneau sont dus au grand nombre d’intervenants dans la vente au détail, d’autant que “la marge bénéficiaire s’élève à 800 DA/kg chez le détaillant par rapport à son achat auprès des éleveurs”. Il a en outre précisé que la hausse de prix des viande blanches étaient injustifiée, notamment au regard de la stabilité des prix des matières premières tels le maïs et le soja, qui “n’ont pas connu une hausse entre mars et octobre”, en sus des avantages accordés par l’Etat comme l’exemption de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour encourager les éleveurs de volailles et subventionner les prix sur le marché, et le raccordement des exploitations agricoles à l’électricité. Dans le but de mettre fin à la hausse de prix des viandes blanches et rouges, le ministre a fait état de l’organisation, la semaine prochaine, d’une réunion avec les éleveurs en vue de résoudre les problèmes afférents à ce dossier.
W.B
