La surchauffe n’est plus un simple désagrément pour les utilisateurs de smartphones : elle est devenue un enjeu majeur pour l’industrie. Elle réduit les performances et accélère le vieillissement des batteries. Pour y faire face, les constructeurs testent désormais des solutions actives, comme le refroidissement liquide, afin de contenir la chaleur générée.
Par Yakout Abina
Les smartphones d’aujourd’hui deviennent de plus en plus puissants : des écrans très lumineux, une puce surpuissante et même des fonctions d’intelligence artificielle. Tout cela dans des boîtiers de plus en plus fins. Mais cette évolution pose un défi technique : celui de la chaleur. Trop de chaleur peut abîmer la batterie ou rendre l’appareil difficile à utiliser. Pendant longtemps, les marques se sont surtout battues sur la qualité des photos, l’autonomie ou le design. Mais un autre défi prend de l’importance : comment refroidir efficacement ces appareils ?
Lors d’un séminaire organisé fin mai dernier, un responsable du centre de recherche de Samsung a annoncé que l’entreprise travaillait sur un système de refroidissement liquide actif pour ses futurs modèles. Ce serait une première pour la marque et une nouvelle étape dans la course à la performance des smartphones.
Park Min, chef de laboratoire au centre de recherche de Samsung, a présenté une nouvelle approche pour refroidir les smartphones. Plutôt que d’utiliser un refroidissement liquide qui utilise un ventilateur, jugé trop bruyant et complexe, l’entreprise mise sur une boucle scellée et silencieuse où circule un liquide directement relié au processeur.
Afin d’y parvenir, Samsung a constitué une équipe spécialisée, regroupant des spécialistes en design, des procédés et des matériaux, pour travailler sur ce nouveau chantier technologique. À ce stade, rien n’a quitté le laboratoire, aucun modèle n’est annoncé, et aucune date n’est fixée.
En réalité, le terrain n’est pas totalement inédit. Les smartphones conçus pour le jeu ont déjà exploré cette voie. Le RedMagic 11 Pro intègre une micropompe céramique capable de faire circuler un liquide dans des canaux microscopiques, en complément d’une chambre à vapeur et d’un ventilateur atteignant 24 000 tours par minute. Apple, de son côté, a introduit sa première chambre à vapeur sur l’iPhone 17 Pro à l’automne 2025, confirmant que la compétition autour de ces solutions de refroidissement est désormais ouverte et que personne ne souhaite prendre de retard.
La chaleur est devenue l’un des principaux défis pour les smartphones. Lorsqu’un appareil dépasse un certain seuil thermique, la puce réduit volontairement sa fréquence afin d’éviter les dommages : c’est le phénomène de throttling. En conséquence, les performances chutent après quelques minutes de jeu ou lors d’un export vidéo. Plus la température augmente, plus l’efficacité de la puce diminue. C’est précisément ce lien entre température et performances que souligne Park Min.
Pas que ! La chaleur affecte également l’un des composants les plus surveillés : la batterie. Selon une étude scientifique, une cellule lithium-ion perd environ 4 % de sa capacité après 260 cycles à 25 °C, mais plus de 13 % à 55 °C. En d’autres termes, une batterie soumise à des températures élevées vieillit près de trois fois plus vite. Refroidir un smartphone ne se limite donc pas à gagner des images par seconde, c’est aussi préserver son autonomie sur le long terme.
Le problème de surchauffe prend aujourd’hui une ampleur inédite. Trois grands consommateurs d’énergie se sont imposés dans des boîtiers toujours plus fins : des puces de plus en plus puissantes, des écrans OLED plus lumineux, et surtout l’intelligence artificielle désormais exécutée en local, directement sur le smartphone. Faire cohabiter ces éléments sans provoquer de montée en température relève désormais d’un véritable exercice d’équilibriste.
Y.A.
