Des universitaires et chercheurs ont pris part, mardi à Mascara, à une rencontre scientifique nationale consacrée au serment d’allégeance prêté à l’Émir Abdelkader et à sa contribution à l’édification de l’État algérien moderne. Les interventions ont mis en lumière la capacité exceptionnelle de cette figure historique à bâtir un pouvoir central solide autour duquel les tribus algériennes se sont rassemblées dans un contexte marqué par la résistance à l’occupation.
Par Said Slimani
Le professeur Daï Mohamed, de l’Université de Saïda, a expliqué que la proclamation de l’État algérien moderne par l’Émir Abdelkader, matérialisée par le premier serment d’allégeance du 27 novembre 1832, illustre sa clairvoyance politique et sa vision historique. Selon lui, dès ses débuts, cet État a réussi à unir des tribus issues de différentes régions du pays, ce qui témoigne de la profondeur de son leadership.
Il a également souligné que l’adhésion des tribus à l’autorité de l’Émir reposait sur sa stature nationale, son érudition religieuse et scientifique, ainsi que sur ses qualités militaires et politiques. De son côté, le professeur Youcef Malki, de l’Université de Djelfa, a mis l’accent sur l’intelligence stratégique de l’Émir, grâce à laquelle il a pu mettre en place un État structuré et résistant, capable de tenir tête à l’occupation française pendant près de dix-sept ans. Pour lui, l’unification des tribus ne relevait pas seulement de la conjoncture, mais s’inscrivait dans un projet national clair visant à instaurer un véritable État moderne.
La professeure Fatma Habbache, de l’Université de Tiaret, a pour sa part indiqué que l’organisation mise en place par l’Émir Abdelkader se distinguait par sa rigueur et sa discipline, ce qui a renforcé la cohésion entre l’autorité centrale et les différentes tribus du territoire. Elle a estimé que cette gestion structurée a permis de consolider les bases d’un État moderne malgré les conditions difficiles de l’époque.
Le professeur Bachir Belmehdi Ali, de l’Université Mustapha Stambouli de Mascara, a de son côté rappelé que l’Émir Abdelkader demeure l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire de l’Algérie contemporaine. Il a affirmé que son parcours incarne des valeurs fondamentales de la nation et que son choix par le biais du serment d’allégeance était légitime, car il représentait, à l’époque, la personnalité la plus apte à défendre le pays face aux menaces extérieures.
Cette rencontre a été organisée par la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université Mustapha Stambouli de Mascara, à l’occasion du 193e anniversaire du premier serment d’allégeance à l’Émir Abdelkader, en présence de nombreux enseignants et chercheurs venus de différentes universités du pays.
S.S
