Les Français étaient de retour dans la rue hier, mardi, pour une dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites qui fait craindre une nouvelle explosion de violences, alors que les syndicats appellent le gouvernement, qui s’y refuse toujours, à faire une “pause” pour faire baisser la tension.
Par Tinhinane Ait Afrah
Après les violents affrontements qui ont marqué la précédente journée de manifestations, jeudi, l’intersyndicale n’entend pas relâcher la pression sur l’exécutif. Invité hier, mardi, matin sur France Inter, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a appelé une nouvelle fois à un “geste fort”, une “pause” de la réforme. “Il y a une profonde contestation. Ce serait une folie de la part de ceux qui nous gouvernent de ne pas prendre le temps de temporiser”, a déclaré le dirigeant du syndicat réformiste. “Il faut qu’on rentre dans un processus de médiation. Il faut qu’on mette sur pause la mesure” de relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, a-t-il poursuivi, précisant s’exprimer au nom de l’intersyndicale. “Compte tenu de la mobilisation qui ne faiblit pas, comme on l’a décidé en intersyndicale, on a proposé une nouvelle fois au gouvernement et surtout au président de la République de suspendre son projet et de nommer une médiation comme dans tout conflit social”, a déclaré le secrétaire général sortant de la CGT, Philippe Martinez. Emmanuel Macron s’est dit vendredi disposé à recevoir l’intersyndicale pour discuter de plusieurs sujets liés au travail, mais pas des retraites, position qu’a réitérée mardi le porte-parole du gouvernement. Hier, mardi, les perturbations dues aux grèves restaient importantes dans les transports, l’éducation, la collecte des ordures et surtout l’énergie. Autre motif d’inquiétude pour l’exécutif, le rajeunissement du mouvement de contestation, avec l’arrivée dans les cortèges de nombreux étudiants et lycéens et des blocages de plus en plus nombreux d’universités, une vingtaine hier matin selon le syndicat étudiant UNEF. L’attention des pouvoirs publics se portait à court terme sur le risque d’affrontements après le déferlement de violences qui a marqué la précédente journée de mobilisation, à Paris comme en province, ce qui a entraîné notamment le report de la visite d’Etat du roi Charles III. Citant des “risques très importants” de troubles à l’ordre public, le ministre de l’Intérieur a annoncé lundi qu’un dispositif de sécurité qualifié de “sans précédent” serait en place ce mardi, avec 13.000 policiers et gendarmes mobilisés à travers le pays, dont 5.500 à Paris.
T.A.A
