Le super-typhon Bavi a provoqué d’importants dégâts sur l’île de Rota, située dans l’archipel américain des Mariannes, ont annoncé lundi les autorités. Son passage s’est accompagné de vents d’une extrême violence et de fortes inondations. La porte-parole du centre opérationnel de la mairie de Rota, Lou Rosario, a indiqué que l’île était confrontée à des vents violents et à d’importantes inondations. Elle a ajouté que plusieurs habitants avaient déjà signalé des dégâts très importants dans différentes zones.
Par Hamida Indja
Avant l’arrivée du typhon, le Service météorologique américain avait averti que la situation pouvait devenir extrêmement dangereuse et entraîner des destructions catastrophiques mettant des vies en péril. Il a également précisé que le mur occidental de l’œil du super-typhon Bavi traversait directement l’île de Rota, avec des vents atteignant 290 km/h.
Rota est l’île la plus méridionale des Mariannes du Nord et compte environ 1.500 habitants. Selon le Centre de prévision des typhons, Bavi présente une puissance équivalente à celle d’un ouragan de catégorie 5. Les rafales de vent pourraient atteindre 350 km/h.
Le NWS estime qu’une grande partie de l’île de Rota pourrait demeurer inhabitable pendant plusieurs semaines, voire davantage. Les habitations qui ne sont pas construites en béton ou qui ne disposent pas d’un renforcement suffisant risquent d’être entièrement détruites. Les autorités craignent également l’effondrement de nombreux toits et murs.
Les services météorologiques prévoient aussi des vagues pouvant atteindre 10,7 mètres de hauteur, rendant les conditions de navigation extrêmement dangereuses. Le maire de Rota, Aubry Hocog, a appelé les habitants à faire preuve de prudence et à respecter l’ensemble des consignes de sécurité. Il a déclaré que chacun devait agir collectivement afin de protéger les familles, les voisins et l’ensemble de la communauté, tout en veillant à la sécurité de la population.
L’île de Rota est située à proximité de Guam, un autre territoire américain. Dès dimanche, de fortes pluies et des vents violents avaient déjà touché Guam, qui compte environ 170.000 habitants, ainsi que les Mariannes du Nord, où vivent près de 40.000 personnes. Les déplacements étaient fortement limités et la police effectuait des patrouilles pour inviter les habitants à rester vigilants.
Ces territoires avaient déjà subi d’importants dégâts en avril, lors du passage du super-typhon Sinlaku, qui avait également privé des dizaines de milliers de personnes d’électricité. En 2023, Guam avait aussi été frappée par le puissant typhon Mawar.
Pour faire face à cette nouvelle situation, des équipes de la protection civile locale et de l’Agence fédérale américaine de gestion des urgences sont mobilisées à Guam. Un centre de distribution a été constitué avec 1,1 million de litres d’eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs.
Les autorités ont également ouvert cinq centres d’évacuation dans des établissements scolaires. Ces structures peuvent accueillir jusqu’à 1.900 personnes, principalement les habitants vivant dans les logements les plus exposés aux dégâts.
Enfin, l’Organisation météorologique internationale a indiqué que le phénomène climatique El Niño avait déjà débuté dans le Pacifique tropical. Ce phénomène, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure entre neuf et douze mois, réchauffe les eaux du centre et de l’est du Pacifique équatorial. Il modifie les vents, les précipitations et les conditions météorologiques dans plusieurs régions du monde, ce qui peut accroître le risque de catastrophes naturelles.
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