Les contours d’un tissu industriel performant lié au secteur de l’automobile commencent à prendre forme en Algérie à la faveur des dernières actions menées par les pouvoirs publics en vue de développer l’ensemble des métiers en lien avec le domaine de l’automobile.
Par Mohamed Zahar
Le ministère de l’Industrie ainsi que d’autres institutions de l’Etat ont mené des actions sur deux axes majeurs. Il s’agit, d’une part, de nouer des partenariats avec des groupes industriels internationaux et d’adopter des mesures visant à développer localement les professions du secteur de la sous-traitance automobile.
La dernière action en date a été la rencontre entre le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb et une délégation de la société mère de la marque chinoise Chery.
L’entrevue, qui a eu lieu samedi au siège du ministère de l’Industrie, a eu pour objectif de discuter des possibilités, pour la société chinoise, de contribuer au développement d’un tissu industriel national performant sur les plans technique et économique, notamment dans le domaine de la fabrication de pièces détachées, indique un communiqué du ministère de l’Industrie.
Elle a porté sur les moyens permettant de mettre en place « une industrie automobile de la marque Chery en Algérie, en mettant l’accent sur le développement d’un tissu industriel national performant sur les plans technique et économique, notamment dans le domaine de la fabrication de pièces détachées », selon un communiqué du ministère de l’Industrie.
Les membres de la délégation ont fait part, lors de leur rencontre avec le ministre, de » leur entière disposition à s’engager dans la stratégie ambitieuse de l’Etat algérien dans ce domaine”, précise le communiqué.
Quelques jours plus tôt, le 3 mars courant, un accord de partenariat a été signé entre l’Entreprise nationale de tubes et transformation de produits plats “Anabib” et la société chinoise “Auto Lumiar” pour la mise en place d’une unité de production en Algérie.
La société chinoise spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles et “Anabib”, filiale de la Société nationale de sidérurgie (SNS) créeront, en vertu de cet accord, une usine à Réghaia (Alger) qui devra produire, dans une première étape, des phares de voitures et des pare-chocs. L’usine en question devrait contribuer au “renforcement de la capacité de l’Algérie à répondre aux besoins du marché local”, selon le ministère de l’Industrie.
Cette initiative “jouera un rôle clé dans la réduction de la dépendance aux importations, en fournissant des pièces détachées de haute qualité à des prix compétitifs, ce qui contribuera au développement du secteur de la construction automobile en Algérie”, dira le ministre de l’Industrie, à cette occasion.
Par ailleurs, un certain nombre de mesures ont été prises en ce qui concerne les producteurs locaux de pièces de rechange automobile.
Il y a quelques jours, le ministre de l’Industrie a annoncé une opération de certification et de conformité des pièces de rechange automobile dont le lancement est prévu avant la fin de la semaine en cours. Tous les producteurs nationaux sont concernés par cette opération.
Il a assuré, par ailleurs, que la mise en place du réseau national de certification de diverses activités industrielles est la “pierre angulaire d’une base industrielle intégrée”.
Fin février, le ministère de l’Industrie a lancé un appel aux producteurs algériens de pièces de rechange automobile les invitant à s’inscrire sur une plate-forme électronique en vue de les recenser. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du projet de constitution du « réseau national de sous-traitance ».
Plus tôt, durant le même mois de février, le ministre avait fait état de rencontres organisées « afin d’étudier et de suivre la création d’un réseau national des fabricants de pièces détachées regroupant les différents acteurs du domaine ».
Les autorités algériennes sont pleinement conscientes du fait que la création d’une industrie automobile en Algérie passe nécessairement par la création d’un réseau de fournisseurs de pièces de rechange. Un réseau de sous-traitance proposant des produits de qualité représente un préalable dont il est impossible de faire l’économie.
Cette réalité, les producteurs privés l’ont bien assimilée, puisqu’ils ne manquent pas une opportunité pour afficher leur volonté de mettre à niveau leurs productions à travers des certifications et surtout leur disposition à bénéficier de l’accompagnement de l’Etat.
M. Z
