Le ministre de l’Agriculture, Yacine El-Mahdi Oualid, a annoncé à Blida le lancement d’un programme ambitieux visant à réduire progressivement l’importation de semences et de plants. Objectif : renforcer la sécurité alimentaire, alléger la facture des importations et développer une production nationale compétitive, tournée vers l’exportation.
Par Chaimaa Sadou
Lors d’une visite de travail dans la wilaya de Blida, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a dévoilé un plan stratégique visant à renforcer et moderniser le secteur agricole. Ce programme, qualifié d’« ambitieux », vise à renoncer progressivement à l’importation de semences et de plants, en particulier pour les cultures maraîchères, afin de garantir la souveraineté alimentaire du pays.
Le ministre a insisté sur l’importance d’intégrer les technologies modernes dans la production locale. L’un des axes majeurs est la création d’un pôle de production de semences entre les wilayas de Ghardaïa et d’El-Menia. Cette initiative devrait permettre de réduire les coûts de production, d’améliorer la qualité et de renforcer la compétitivité des produits agricoles algériens sur les marchés internationaux. La recherche scientifique et l’innovation technologique sont placées au cœur de cette démarche.
Au-delà des semences maraîchères, le programme s’étend à d’autres filières agricoles. Le ministre a notamment évoqué le développement de plants fruitiers, citant l’exemple du bananier, dont la filière nationale est en phase de consolidation. Blida, qualifiée de « wilaya modèle », illustre déjà cette orientation grâce à l’adoption de techniques modernes d’irrigation, l’utilisation raisonnée d’engrais et l’amélioration des méthodes de plantation. Ces pratiques permettent d’accroître les rendements tout en réduisant les coûts.
La visite ministérielle a mis en lumière plusieurs réussites locales. La pépinière « Vitroplant » de Beni Tamou, issue d’un partenariat algéro-italien, produit chaque année près de 15 millions de plants, couvrant les besoins du marché national et amorçant une ouverture vers l’exportation. Le ministre a salué cette performance, symbole d’une agriculture moderne et compétitive. Il a également inspecté une exploitation bovine et l’exploitation pilote « Bassatine Yessad » à Mouzaïa, où l’agriculture intensive permet désormais de planter 1 600 arbustes par hectare, contre 800 auparavant.
Enfin, la délégation s’est rendue à El Affroun pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux d’un silo de stockage de céréales d’une capacité d’un million de quintaux. Sa mise en service est prévue pour la fin de l’année, renforçant ainsi les capacités nationales de conservation et de régulation des stocks.
Ce programme illustre une volonté ferme : réduire la dépendance aux importations, valoriser les ressources locales et inscrire l’agriculture dans une dynamique durable et compétitive. Il s’agit d’un pas décisif vers une souveraineté alimentaire renforcée, appuyée par la science et l’innovation.
Cette orientation confirme la volonté des pouvoirs publics de renforcer durablement la souveraineté alimentaire nationale : produire ses propres semences, moderniser ses exploitations et ouvrir ses marchés à l’exportation. Ce plan stratégique, fondé sur la recherche et la technologie, vise à garantir une agriculture durable, compétitive et souveraine. La réussite de cette stratégie dépendra de la mobilisation des agriculteurs, des chercheurs et des investisseurs, tous appelés à contribuer à cette transformation.
C.S
