Le marché automobile européen a connu en 2025 une légère amélioration, portée par l’essor des véhicules électriques et hybrides. Selon les chiffres publiés hier mardi par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les immatriculations de voitures neuves ont progressé de 1,8 % sur l’année, malgré une chute remarquable des modèles essence et diesel, désormais réduits à un tiers du marché.
Par Rihab Taleb
Les voitures 100 % électriques ont enregistré une croissance spectaculaire. Près de 1,88 million d’unités ont été vendues, soit une hausse de près de 30 % par rapport à 2024. Leur part de marché atteint maintenant 17,4 %, contre 13,6 % l’année précédente. Cette progression s’explique par des prix plus abordables et des primes à l’achat, et se traduit par des résultats contrastés selon les pays. L’Espagne affiche une envolée de 77 %, l’Allemagne 43,2 %, les Pays-Bas 18,1 %, la Belgique 12,6 % et la France 12,5 %. L’électrification du parc automobile européen s’impose ainsi comme une tendance importante, même si les rythmes de croissance diffèrent d’un marché à l’autre.
Les hybrides non rechargeables restent les plus populaires sur le continent, avec 3,7 millions d’unités vendues ; ils représentent un peu plus d’un tiers du marché. Leur progression, de 13,7 %, demeure solide mais moins dynamique que celle des hybrides rechargeables. Les hybrides rechargeables bondissent à 1 million d’unités, soit 9,4 % du marché, confirmant leur attractivité croissante. La France fait exception, avec une baisse de 26 % des ventes d’hybrides rechargeables, contrastant avec la tendance générale.
À l’inverse, les voitures à essence ont vu leurs immatriculations reculer de 18,7 %, pour atteindre 2,88 millions d’exemplaires. Elles ne représentent plus que 26,6 % du marché européen, contre un tiers en 2024. La chute est marquée en France, avec une baisse de 32 %, suivie par l’Allemagne (-21,6 %), l’Italie (-18,2 %) et l’Espagne (-16 %). Le diesel continue sa descente, avec une baisse de 24,2 % et une part réduite à 8,9 %. En un an, la part des carburants fossiles a perdu dix points, passant de 45,2 % en 2024 à 35,5 % en 2025.
Du côté des constructeurs, les résultats sont contrastés. Volkswagen, leader du marché, a progressé de 5,5 %, tandis que Stellantis, numéro deux, a reculé de 4,7 %. Renault, troisième, affiche une hausse de 5,6 %, portée par le succès de sa R5 électrique. BMW tire également son épingle du jeu avec une progression de 6,4 %, contrairement à Hyundai (-3,1 %) et Toyota (-6,3 %). Les nouveaux entrants chinois marquent des points : SAIC grimpe de 34 %, BYD triple ses ventes, tandis que Tesla, en 12ᵉ position, dégringole de 38 %, confirmant ses difficultés sur le marché européen.
Face aux objectifs européens de réduction des émissions de CO₂ d’ici 2030, l’ACEA rappelle que la part des voitures électriques à batterie devra quasiment tripler pour que les constructeurs puissent atteindre les seuils fixés sans encourir de pénalités. La transition énergétique apparaît donc comme une nécessité stratégique pour l’industrie automobile, au-delà des simples tendances de marché.
Toutes motorisations confondues, 10,8 millions de voitures neuves ont été immatriculées en Europe en 2025, un niveau supérieur à celui de 2024 mais encore loin des 15 millions d’avant la pandémie de Covid-19. Les résultats varient selon les pays : la France (-5 %), l’Italie (-2,1 %) et la Belgique (-7,5 %) ont enregistré des reculs, tandis que l’Allemagne (+1,4 %) et surtout l’Espagne (+12,9 %) ont affiché des progressions notables. Le marché européen reste donc en convalescence, porté par l’électrique mais encore marqué par les séquelles de la crise sanitaire et les mutations profondes de l’industrie.
R.T
