Lors de la 19e édition du Forum mondial de la finance islamique, organisée dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Islamique de Développement au Centre international des conférences “Abdellatif Rahal”, le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Salah-Eddine Taleb, a annoncé l’imminente adoption de nouveaux textes réglementaires destinés à structurer davantage la finance islamique en Algérie.
Par Dahmane Abderrahmane
Inscrites dans une logique d’harmonisation avec les standards internationaux, ces nouvelles dispositions ont pour objectif d’optimiser l’encadrement de ce secteur en lui offrant plus de clarté et de rigueur. Selon M. Taleb, leur élaboration se fait en partenariat étroit avec la Banque Islamique de Développement, dans le cadre d’un programme visant à renforcer la politique monétaire, le marché monétaire ainsi que l’organisation des guichets spécialisés en finance islamique.
Le Gouverneur s’est montré confiant quant aux perspectives de ce domaine en Algérie. Il a souligné la dynamique de croissance qu’il connaît actuellement, avec une hausse annuelle moyenne de 20 % pour les dépôts et de 15 % pour les financements. Ces performances, a-t-il affirmé, témoignent de la confiance grandissante des opérateurs économiques envers les produits conformes aux principes de la finance islamique.
Dans cette même optique, il a précisé qu’une stratégie nationale est en cours d’élaboration pour développer les moyens de paiement scripturaux. Cette démarche, conforme aux tendances mondiales, vise à inciter les institutions financières à intégrer dans leurs politiques de crédit et d’investissement les principes du financement durable.
Par ailleurs, Muhammad Ben Sulaiman Al-Jasser, président du Groupe de la BID, est intervenu sur les opportunités que représente l’économie numérique pour la finance islamique. Il a mis en avant les avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle et les FinTech, comme leviers essentiels pour élargir l’inclusion financière. Il a aussi souligné la nécessité pour les États membres d’unifier leurs cadres juridiques en matière de finance islamique, tout en respectant les spécificités propres à chaque pays.
Lors de la remise du prix du Hackathon de l’intelligence artificielle dans le domaine financier, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a rappelé l’importance de stimuler l’écosystème de l’innovation. Il a encouragé les jeunes entrepreneurs et les étudiants à jouer un rôle moteur dans l’évolution des systèmes financiers.
Le Hackathon, organisé par l’accélérateur public “Algeria Venture” en collaboration avec l’Institut de la BID, a couronné l’équipe “Khellan” — composée d’étudiants de l’École nationale supérieure d’informatique (ESI) et de l’École supérieure de banque (ESB) — pour leur solution basée sur l’IA visant à adapter les services financiers à la finance islamique.
Le forum s’est également distingué par la remise du Prix de la BID pour la réalisation efficace en économie islamique à la société “MediKids”, récompensée pour son initiative innovante dans la gestion des Waqfs en Indonésie.
Enfin, les débats tenus lors du forum ont convergé vers un constat commun : la transformation numérique et l’élargissement de l’accès aux services financiers constituent des axes stratégiques majeurs pour promouvoir un développement durable inclusif, en particulier via les outils financiers islamiques comme les Sukuk, dédiés aux infrastructures et aux projets de développement.
D.A
