Une offensive militaire sioniste dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza, aggraverait la catastrophe humanitaire et les nouveaux déplacements doubleraient les niveaux de la faim, a alerté l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
Par Tinhinane Ait Afrah
“Compte tenu des conditions de vie déjà précaires et du système de santé paralysé, toute opération à Rafah aggraverait considérablement la catastrophe humanitaire et pousserait les opérations de secours déjà fragiles jusqu’au point de rupture”, a déclaré la porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, citée par l’agence palestinienne de presse, Wafa.”Une nouvelle vague de déplacements exacerbera la surpopulation, restreindra l’accès à la nourriture, à l’eau, aux services de santé et à l’assainissement, ce qui entraînera une augmentation des épidémies, une aggravation des niveaux de faim et des pertes de vies humaines supplémentaires”, a-t-elle prévenu.L’entité sioniste a lancé lundi une opération visant à faire évacuer des dizaines de milliers de familles palestiniennes de l’est de Rafah, une ville contre laquelle l’armée d’occupation prépare une offensive d’ampleur dans le cadre de son agression génocidaire lancée le 7 octobre 2023.Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a jugé le même jour, “inhumain et inconcevable” cet ordre d’évacuation de Rafah, où vivent quelque 1,2 million de Palestiniens, soit la moitié de la population du territoire, pour la plupart des déplacés. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé lundi sa profonde préoccupation quant à une éventuelle offensive terrestre à grande échelle menée par l’entité sioniste dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza.Dans un communiqué, M. Guterres a réitéré son appel urgent à l’entité sioniste à prendre des mesures décisives pour mettre fin aux souffrances actuelles au Moyen-Orient.”Le Secrétaire général est profondément préoccupé par les informations selon lesquelles une opération militaire à grande échelle pourrait être imminente à Rafah”, indique le communiqué, soulignant les conséquences humanitaires d’une éventuelle offensive terrestre à Rafah.”Nous assistons déjà à des mouvements de personnes – beaucoup d’entre elles vivent dans des conditions humanitaires pénibles et sont déplacées à plusieurs reprises. Elles recherchent la sécurité qui leur a été maintes fois refusée”, ajoute le texte.Notant l’importance de protéger les civils conformément au droit humanitaire international, Guterres a également réitéré “son appel pressant” pour parvenir à un cessez-le-feu afin de mette fin aux souffrances actuelles. Le Secrétaire général de l’ONU a, par ailleurs, a exhorté hier, mardi, l’occupant sioniste à rouvrir les points de passage de Rafah et de Karam Abu Salem, au sud de la bande de Ghaza, “immédiatement”, et à “arrêter l’escalade”. Karam Abu Salem, principal point de passage de l’aide humanitaire vers la bande de Ghaza, a été fermé dimanche par l’entité sioniste, et l’armée d’occupation a pris le contrôle hier, mardi, de celui de Rafah, à la frontière égyptienne, coupant l’accès de l’aide humanitaire au territoire palestinien assiégé.Dans ces circonstances, “par exemple, nous risquons d’être à court de carburant ce soir”, a noté M. Guterres.”J’appelle le gouvernement (de l’entité sioniste) à arrêter l’escalade et à s’engager de façon constructive dans les discussions diplomatiques en cours”, a-t-il ajouté.Avant de s’interroger : “Les civils n’ont-ils pas assez subi de mort et de destruction?”. “Ne vous y trompez pas: un assaut généralisé de Rafah serait une catastrophe humaine”, a-t-il d’autre part insisté. Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza s’est alourdi à 34.789 martyrs et 78.204 blessés, depuis le 7 octobre dernier, ont indiqué hier, mardi, les autorités palestiniennes de la Santé.Selon la même source, l’armée d’occupation sioniste a commis 6 massacres au cours des dernières 24 heures dans la bande de Ghaza, faisant 54 martyrs et 96 blessés.Les autorités palestiniennes de la Santé ont également indiqué qu’un certain nombre de victimes palestiniennes se trouvent encore sous les décombres et sur les routes, et que les forces de l’occupation empêchent les ambulances et les équipes de la Protection civile de leur porter secours.Depuis le 7 octobre 2023, l’armée sioniste mène une agression sauvage contre l’enclave palestinienne qui a entraîné des destructions massives d’infrastructures, en plus d’une catastrophe humanitaire sans précédent.
T.A.A
