Pilonnée sans relâche, Khan Younès à feu et à sang / « Aucune guerre de ce siècle ne se rapproche de la campagne d’extermination que connait Ghaza »

 

 

La situation humanitaire dans la bande de Ghaza « ne pourrait pas être pire », a déclaré hier, lundi, le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell.

 

Par Tinhinane Ait Afrah

 

 

« À partir de maintenant, je ne parlerai plus du processus de paix, mais je veux un processus de solution à deux États », a déclaré M. Borrell. Israël ne peut construire la paix « seulement par des moyens militaires », a martelé le chef de la diplomatie européenne, insistant sur « une solution à deux États » avant de rencontrer les chefs des diplomaties israélienne et palestinienne. « Quelles sont les autres solutions auxquelles ils pensent ? », a lancé M. Borrell devant les journalistes à Bruxelles. « Faire partir tous les Palestiniens ? Les tuer ? », a-t-il ajouté. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré, dimanche à Kampala, que l’opération des forces israéliennes dans la bande de Ghaza avait entraîné des destructions et des massacres d’une ampleur « totalement inacceptable ». Quant à Francesca Albanese, rapporteur spécial des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, a accusé l’entité sioniste d’avoir tué une plus grande partie de la population de Ghaza que lors des guerres en Ukraine et en Irak. L’armée israélienne a tué 1,1 % de la population de Ghaza depuis le 7 octobre, contre 0,2 % et 0,8 % de la population tuée lors des guerres en Ukraine et en Irak, respectivement, a déclaré Mme Albanese dans un message posté sur X. « Aucune guerre de ce siècle ne se rapproche de la campagne d’extermination [d’Israël] à Gaza », a ajouté Mme. Albanese. Ces déclarations sont intervenues au moment où les forces sionistes poursuivaient une offensive toujours plus intense dans le sud de la bande de Ghaza, mettant la ville de Khan Younès sous les bombardements faisant accroitre le nombre de martyrs. Le Croissant-Rouge et d’autres sources médicales de la bande de Ghaza signalaient qu’au moins 40 personnes ont été tuées lors d’une attaque militaire sioniste dans l’ouest de Khan Younès. L’armée sioniste a frappé près d’une école où des personnes déplacées sont abritées. Le Croissant-Rouge a annoncé qu’il n’était pas en mesure de contacter ses équipes médicales dans toute la ville et qu’il avait des difficultés à atteindre les zones touchées. Le Croissant-Rouge palestinien (CRP) a déclaré que ses ambulances n’étaient pas en mesure d’atteindre les blessés à Khan Younès, car les forces d’occupation assiégeaient le centre d’ambulances du CRP et  prenaient pour cible toute personne tentant de se déplacer dans la zone. Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré tôt hier matin que les chars de l’armée sioniste s’approchaient de l’hôpital de la ville d’al-Amal à Khan Younès et qu’il avait perdu tout contact avec son équipe dans la région en raison de l’offensive terrestre. NebalFarsakh, porte-parole du Croissant-Rouge palestinien (PRCS), a déclaré à la presse que l’hôpital Nasser de Khan Younès, comme tous les hôpitaux du sud de la bande de Ghaza, était la cible d’attaques intenses. « Ce n’est pas la première fois. Ces dernières semaines, il y a eu plusieurs attaques et bombardements dans la zone de l’hôpital Al-Amal à Khan Younès. Le siège du Croissant-Rouge palestinien a été directement attaqué par des tirs d’artillerie, qui ont littéralement détruit trois étages et tué au moins sept personnes à l’intérieur du bâtiment », a-t-elle déclaré depuis Ramallah. Mme Farsakh a indiqué que les deux installations étaient assiégées et que les communications étaient coupées. Les ambulances ne peuvent pas répondre aux appels des blessés dans la région. « La situation est extrêmement dangereuse, on entend de violents bombardements dans la région. Toute personne qui tente de sortir ou de marcher dans la rue est prise pour cible. » D’autre part, le Dr Haider Abu Sunima, directeur médical de l’hôpital Tal al-Sultan pour les femmes et l’obstétrique à Rafah, affirme que le nombre de fausses couches a augmenté en raison des conditions difficiles de la guerre. Ces derniers jours, le ministère de la Santé de Ghaza a déclaré avoir enregistré des centaines de fausses couches et de naissances prématurées en raison de la « panique et de la fuite forcée sous les bombardements brutaux à Ghaza ». Environ 50.000 femmes enceintes vivant dans des camps de déplacés au sud de la ville de Rafah souffrent d’un manque de nourriture et de médicaments, ce qui met en péril leurs enfants à naître ainsi que leur propre santé, rapporte les services locaux de la Santé. Selon un bilan annoncé hier, lundi 22 janvier, par le ministère de la Santéà Ghaza, 25.295 sont tombées en martyrs à Ghaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre. Les morts sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre aussi plus de 63.000 blessés. En Cisjordanie occupée les forces d’occupation sionistes continuent également de mener des opérations rendant la situation explosive. Depuis octobre, au moins 369 personnes, dont 95 enfants, ont été tuées par les troupes sionistes et les colons en Cisjordanie occupée et des milliers de personnes ont été arrêtées lors de raids.

 

T.A.A

 

 

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

Pour protéger la solution à deux Etats* / Le MAE palestinien appelle l'UE et Washington à reconnaître l'Etat de Palestine

mar Jan 23 , 2024
    Le ministère palestinien des Affaires étrangères a appelé l’Union européenne (UE) et l’administration américaine à reconnaître l’Etat de Palestine pour protéger la solution à deux Etats et soutenir les efforts palestiniens en vue de l’adhésion à part entière aux Nations unies, a rapporté l’agence de presse Wafa. Dans […]

ENTRE NOUS

Quotidien national d’information

Edité par EURL Rocher du Faucon

Directeur de Publication: Nasser MOUZAOUI

Adresse: Maison de la presse, 1, rue Bachir Attar, Place du 1er Mai, Alger-Algérie.

E.MAIL: entrenousdz2020@gmail.com