Des économistes ont salué les orientations données par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, dimanche, en vue de développer l’industrie pétrochimique, estimant qu’elles reflètent son engagement à accélérer le processus de transformation économique et de passer à une nouvelle étape en matière de valorisation des ressources naturelles.
Dans ce cadre, l’expert international en développement économique, Abderrahmane Hadef, a estimé, dans une déclaration à l’APS, que l’accent mis par le président de la République sur l’accélération des projets de transformation pétrochimique démontre une “volonté politique de poursuivre l’accélération du processus de transformation économique” et reflète “une conscience stratégique de l’importance de maîtriser les chaînes de production et de valeur, en tant que principale voie pour la construction d’une véritable souveraineté économique”.
Hadef a souligné que l’orientation vers les industries manufacturières “n’est plus un choix conjoncturel, mais une nécessité économique imposée par les nouvelles mutations mondiales”, soulignant que “la puissance des Etats se mesure à leur capacité à produire de la connaissance, de la technologie et de la valeur ajoutée”.
Il a ajouté que le développement de cette industrie constitue une “étape charnière dans le processus de maîtrise de la chaîne de valeur industrielle, depuis l’extraction du pétrole et du gaz jusqu’à leur transformation en produits industriels à usages multiples et à haute valeur marchande”.
Il a également salué l’orientation continue de l’Algérie à allouer davantage de ressources naturelles brutes (gaz naturel ou dérivés pétroliers) aux industries de transformation pour la production de plastiques, de polymères, d’engrais, de produits chimiques industriels et de divers produits utilisés dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture et de l’industrie pharmaceutique, au lieu de les exporter à l’état brut.
Cette approche permettra, a-t-il dit, de réaliser une plus grande intégration locale et de réduire la dépendance aux importations, tout en ouvrant la voie à l’émergence d’un écosystème industriel intégré reliant les petites et moyennes entreprises (PME) aux grands groupes industriels au sein d’un réseau de production national interconnecté, créant ainsi une forte valeur ajoutée locale.
De son côté, l’économiste Houari Tigharsi a expliqué que l’expertise acquise par l’Algérie dans l’exploration, la production, le transport et la transformation est à même de donner un nouvel élan aux industries pétrochimiques telles que le plastique, les engrais, les fibres synthétiques, le caoutchouc synthétique et divers produits chimiques utilisés dans de nombreuses filières industrielles, contribuant ainsi à augmenter la part des ressources valorisées localement.
Il a souligné que l’Algérie possède tous les atouts nécessaires pour réussir cette industrie, notamment un vaste réseau de transport de gaz et de pétrole, ainsi que de nombreux ports, des zones industrielles extensibles, la disponibilité locale de la matière première et une expertise technique et d’ingénierie accumulée.
Evoquant le projet de phosphate intégré de Bled El Hadba (Tébessa), l’expert a indiqué que l’accélération de sa réalisation revêt des “dimensions économiques et stratégiques majeures, compte tenu des importantes réserves de phosphate dont dispose l’Algérie et de la hausse croissante de la demande mondiale sur les engrais”, soulignant que la véritable valeur “ne réside pas seulement dans l’extraction de la matière brute, mais dans sa transformation au sein du tissu industriel national”.
Pour rappel, le président de la République avait insisté, dimanche lors de la réunion du Conseil des ministres, sur la nécessité de redoubler d’efforts pour créer un tissu industriel intégré dans le domaine de la pétrochimie, qui permettra à l’Algérie d’être en tête des pays producteurs dans ce secteur.
Il a également souligné “la nécessité d’intensifier le travail et de redoubler d’efforts dans le domaine de la pétrochimie, afin de créer un tissu industriel intégré, à la hauteur de l’expertise de l’Algérie dans le secteur des hydrocarbures”, ajoutant que “l’objectif suprême dans ce domaine est de permettre à l’Algérie d’être en tête des pays producteurs de ces matières, notamment l’hélium”.
Le président de la République a aussi ordonné d’accélérer “l’exploitation des importantes potentialités dont dispose l’Algérie pour la production de matières premières utilisées dans l’industrie du plastique, ce qui permettra de réduire l’importation”.
RA
