Lors d’une émission diffusée sur la Chaîne 1 de la radio algérienne, intitulée « La position de l’Algérie en Afrique, la bonne gestion des crises et son rôle dans le développement du continent », deux invités de marque ont échangé sur l’influence algérienne aux niveaux international et africain. Il s’agit du Dr. Bougrara, analyste politique, et du Dr. Mohammed Amroun, président de la Commission des affaires étrangères et de la coopération internationale de l’Assemblée nationale.
PAR IKRAM HAOU
Le Dr. Bougrara a abordé en premier lieu la question des mines antipersonnel, affirmant que « le peuple algérien paie encore aujourd’hui le prix des conséquences de ces mines ». Il a rappelé que l’Algérie avait soumis une proposition dans le cadre de la Convention d’Ottawa, visant à renforcer l’application effective de cet accord. Par ailleurs, le Dr. Bougrara a souligné que l’Algérie œuvre aujourd’hui pour éliminer les infiltrations étrangères, qu’il considère comme une forme de néocolonialisme, favorisée par la fragilité politique et le manque de démocratie. « Ces facteurs font de l’Afrique une cible vulnérable, prisonnière de conflits et de coups d’État », a-t-il déclaré, ajoutant que « l’Occident ne voit en l’Afrique qu’un réservoir de matières premières ».
Il a également mis en avant le rôle diplomatique de l’Algérie, qui s’efforce de coordonner les actions entre pays africains et arabes. Grâce à son expertise, les structures de l’Union africaine ont connu une amélioration qualitative. « L’Algérie a toujours excellé dans la gestion des crises, un domaine qui exige une diplomatie solide, des médias influents et une unité nationale forte », a-t-il expliqué. « Ses contributions sur le continent et au-delà prouvent qu’elle possède les moyens de gérer les crises avec un minimum de pertes et un maximum de bénéfices. » Toutefois, le Dr. Bougrara a nuancé son propos en rappelant que les efforts de l’Algérie, bien que significatifs, ne suffisent pas : « Il est essentiel d’unifier les actions de tous les pays africains pour bâtir une Union africaine efficace, indépendante et maîtresse de ses ressources. Cela passe par un dialogue renouvelé entre les nations du continent. »
Le Dr. Mohammed Amroun a quant à lui souligné que la voix de l’Algérie en faveur de l’Afrique reste inébranlable. Il a structuré son intervention autour de trois axes majeurs :
- La nécessité de cadres juridiques stablesdans les relations internationales, notamment sous l’égide des Nations Unies.
- L’appel à des réformes profondesentre les pays africains et leurs partenaires arabes.
- La modernisation des structures de l’Union africaine, illustrée par l’engagement du président Abdelmadjid Tebboune lors du dernier sommet.
Le Dr. Amroun a déploré que l’Afrique, bien que riche en ressources, soit marginalisée sur la scène internationale. « Notre continent est exploité par les grandes puissances, mais il a les moyens de gérer ses propres affaires », a-t-il affirmé, citant l’apport moral et politique de l’Algérie en 2023 et 2024. Il a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique d’obtenir deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, un droit et non une faveur à mendier à l’Occident. « L’Afrique doit prendre conscience de sa capacité à contrôler ses ressources et ses décisions pour peser dans les instances internationales. »
En conclusion, le Dr. Amroun a évoqué la récente visite du ministre français des Affaires étrangères en Algérie, saluant un discours « marqué par la reconnaissance des erreurs historiques de la France ». « Une chose est certaine : l’Algérie reste intransigeante sur les questions de souveraineté nationale et de respect du droit international », a-t-il déclaré.
I.H
