Cinéma/ Le rôle du 7e art dans les changements sociétaux  

 

La huitième édition du Festival international du film de Kaduna (KADIFF), organisée dans le nord-ouest du Nigeria, a choisi pour thème : « Le cinéma comme outil de transformation sociale ».

 

 

Par Chaimaa Sadou

L’événement a réuni des films venus d’horizons variés ainsi que des professionnels passionnés, tous convaincus que le 7e art peut sensibiliser, dénoncer les injustices et favoriser un changement de regard sur la société. Cette édition a été marquée par l’intensité des échanges, la richesse des enseignements issus des débats et un engagement fort en faveur de la culture.

Depuis sa création en 2018, le KADIFF s’impose comme un rendez-vous incontournable. Cette année encore, acteurs, réalisateurs et créateurs venus d’Afrique et d’ailleurs ont convergé vers Kaduna autour d’une conviction partagée : le cinéma peut être un catalyseur de transformation sociale.

En mettant l’accent sur l’impact des images et des récits, le festival entend exploiter toute la force du cinéma pour stimuler la réflexion, éveiller les consciences et proposer des pistes de solutions face aux défis qui entravent le développement des sociétés africaines, en particulier ceux qui touchent les jeunes.

Le directeur du festival, Audu Kashim Israel, a souligné que les films donnent une voix à ceux qui en sont habituellement privés et permettent de mettre en lumière des vérités souvent passées sous silence.

Les chiffres de cette édition illustrent son rayonnement : plus de 2 000 participants issus de plus de 50 pays se sont inscrits. Parmi les nombreuses œuvres présentées, un comité de sélection composé de neuf experts représentant 15 pays en a retenu 168, venues notamment de Russie, d’Ouganda, de Tunisie, des États-Unis ou encore de France. Pour la troisième année consécutive, un film ougandais a été distingué comme meilleur choix, confirmant le dynamisme du cinéma d’Afrique de l’Est et la portée internationale grandissante du festival.

Le KADIFF ne se limite plus à la simple projection de films : il s’est enrichi de cours magistraux, d’ateliers pratiques, de débats, d’expositions, d’excursions éducatives et de cérémonies de remise de prix. Cette année, un programme spécialement destiné à encourager l’émergence de jeunes talents a été inauguré, renforçant ainsi la vocation formatrice de l’événement.

Pour Gloria Ugolee-Ehiosun, cinéaste installée à Abuja, le cinéma est capable de changer le monde. Elle estime essentiel de montrer aux jeunes créateurs comment leurs œuvres peuvent influencer la société. Elle les encourage à produire des films qui suscitent la réflexion et transforment les mentalités. Selon elle, participer à un festival d’une telle envergure est une expérience stimulante et inspirante.

La comédienne de Nollywood, Chinyere Nwabueze, partage cette conviction. Elle considère le film comme une arme puissante pour combattre les stéréotypes et rappelle que l’industrie cinématographique évolue dans un contexte social difficile. Pour elle, le cinéma peut aider à dépasser ces obstacles, tout en favorisant une meilleure compréhension et le respect entre les peuples.

Le réalisateur et journaliste britannique John Coster a lui aussi soutenu l’initiative, insistant sur la nécessité pour les cinéastes africains de raconter leurs propres histoires. Selon lui, il est primordial que l’image de l’Afrique soit présentée à travers le regard de ses habitants et non uniquement selon la vision extérieure.

Bien plus qu’un simple événement culturel, le Festival international du film de Kaduna se positionne comme un véritable espace de rencontre, d’apprentissage et de transformation. Dans un contexte marqué par des difficultés économiques, sociales et sécuritaires, il contribue à renforcer les liens entre cultures et à montrer que le cinéma peut devenir un outil de changement et de rapprochement.

Édition après édition, le KADIFF affirme sa place en tant que vitrine du cinéma africain authentique et audacieux. En mettant en avant des films qui explorent les réalités sociales, les défis et les espoirs du continent, le festival prouve que le 7e art dépasse largement la fonction de divertissement. Il est porteur d’un message, vecteur de changement et source d’espoir dans les périodes les plus éprouvantes.

C.S

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