Le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, a annoncé lundi à Alger que son département soumettra prochainement au gouvernement un projet de stratégie nationale destiné au développement de la communication institutionnelle.
Par Youcef Hamidi
Lors d’une présentation devant la commission de la culture, de la communication et du tourisme de l’Assemblée populaire nationale (APN), en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, M. Bouamama a détaillé que cette stratégie vise à renforcer la confiance entre les institutions publiques et les citoyens. Elle s’inscrit dans une perspective globale de modernisation du secteur de la communication, centrée sur la promotion d’une communication institutionnelle efficace, considérée comme essentielle pour affirmer la souveraineté médiatique et refléter fidèlement l’image des structures étatiques.
Le ministre a précisé que ce projet sera prochainement soumis au gouvernement pour débat et enrichissement. Il a souligné que la mise en œuvre de cette stratégie entraînera des changements significatifs et tangibles dans tous les domaines, affectant directement la vie quotidienne des citoyens, qui constituent une partie intégrante du processus de communication de l’État et se trouvent au cœur des priorités gouvernementales, conformément aux directives du président Abdelmadjid Tebboune.
M. Bouamama a également insisté sur le rôle crucial de la communication dans la consolidation de la conscience nationale, le développement durable, la gestion des défis contemporains, la préservation de l’identité culturelle et la protection du pays contre la désinformation et les campagnes de dénigrement. Il a rappelé que cette mission nécessite une approche basée sur l’évaluation continue, la correction des lacunes, l’organisation, la modernisation et la numérisation du secteur.
Reconnaissant l’importance des médias nationaux, le ministère prévoit de présenter au gouvernement une feuille de route incluant l’ensemble du cadre juridique régissant le secteur. Les textes d’application sont quasi finalisés et permettront la mise en place de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel, de l’Autorité de régulation de la presse écrite et électronique, ainsi que du Conseil supérieur de la déontologie et de l’éthique journalistique. Ces mesures comprendront également la délivrance de la carte nationale de journaliste professionnel, l’octroi des licences pour les chaînes de télévision, l’accréditation des correspondants et bureaux de médias étrangers, et l’attribution de cartes électroniques aux journalistes étrangers.
Cet arsenal juridique prévoit aussi un meilleur accès des médias nationaux aux financements du Fonds d’aide à la presse, récemment relancé. L’année prochaine, le dispositif sera complété par la régulation des activités de sondage, afin de garantir la fiabilité et la transparence des enquêtes d’opinion, qui pourront servir de base aux décisions publiques. La régulation des activités publicitaires sera également renforcée pour protéger les consommateurs et assurer une concurrence équitable.
Le ministre a évoqué la révision de la valeur du Prix du président de la République pour les journalistes professionnels ainsi que l’actualisation des critères d’attribution. Il a présenté les projets de l’Agence Algérie Presse Service (APS) dans le domaine de la cybersécurité et la construction de la nouvelle cité médiatique « Dzair Media City », réalisée sous la supervision du Premier ministre et en coordination avec les secteurs concernés, conformément aux directives présidentielles.
Enfin, M. Bouamama a rappelé l’engagement du ministère à diversifier ses partenariats internationaux, en particulier avec les pays arabes et africains, par la mise à jour des accords existants et la conclusion de nouveaux partenariats, notamment dans les domaines de la formation et de l’échange d’expertises.
Y.H
