La communauté internationale «n’a aucune excuse» pour son retard à soulager les souffrances de la population soudanaise, victime depuis quatre mois d’un conflit entre groupes armés, ont affirmé, ce mardi, des dirigeants de grandes organisations humanitaires.
«Nos appels humanitaires peuvent aider quelque 19 millions de personnes au Soudan et dans les pays voisins. Cependant, les deux appels sont financés à un peu plus de 27%. Veuillez changer cela», réclament ces dirigeants parmi lesquels les patrons des grandes agences onusiennes ou privées Save the Children et CARE par exemple.
Les signataires de l’appel, qui exhortent aussi avant tout l’armée soudanaise et les paramilitaires qui ont plongé le pays dans la guerre civile à cesser «immédiatement» les combats. De nombreuses exactions commises par les combattants relèvent de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité, selon ces signataires. Ils rappellent que plus de 14 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire et que plus de 4 millions de personnes ont fui les combats, se trouvant toujours déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiés dans toute la région.
«Le temps presse pour que les agriculteurs plantent les cultures qui les nourriront ainsi que leurs voisins. Les fournitures médicales sont rares. La situation devient incontrôlable», mettent-ils en garde. Les responsables promettent de continuer à «faire pression pour l’accès à toutes les personnes et dans toutes les régions du Soudan pour apporter des fournitures humanitaires et des services essentiels». Depuis le 15 avril, le Soudan connaît un conflit entre l’armée, dirigée par Abdel Fattah al-Burhane, et les Forces de soutien rapide (FSR), des paramilitaires dirigés par le général Mohamed Hamdane Daglo.
Le général Abdel Fattah al-Burhane est apparu, lundi dernier, à la télévision officielle soudanaise dans une rare vidéo où il a dénoncé «la plus grande conspiration de l’histoire moderne» du Soudan et a promis de bientôt célébrer «une victoire définitive sur la rébellion brutale» menée par son rival alors que des experts prévoient eux une guerre longue. En plus de la capitale Khartoum, les combats se sont longtemps concentrés à El-Geneina, chef-lieu du Darfour-Ouest où l’ONU soupçonne des «crimes contre l’humanité».
Plusieurs sources ont fait état de massacres de civils et d’assassinats à caractère ethnique dans cette région imputés aux paramilitaires et aux milices alliées. De l’autre côté de la frontière, à Adré, ville de l’est du Tchad «plus de 358.000 réfugiés sont arrivés» depuis le début du conflit le 15 avril, d’après Médecins sans frontières. L’ONG tire la sonnette d’alarme sur ces camps qui ne sont «pas prêts à accueillir toutes les personnes qui y ont été relogées. Elles sont donc exposées au soleil et à la pluie, et ne disposent pas de suffisamment de nourriture, d’eau et même de matériel de cuisine. Les besoins sont énormes et les ressources très limitées», a expliqué Susanna Borges, coordinatrice d’urgence de MSF au Tchad.
R.I
