Lors d’une réunion d’urgence tenue lundi à Doha, les dirigeants des nations arabes et musulmanes ont appelé à l’adoption d’une position commune afin de répondre avec fermeté à l’offensive sioniste qui a ciblé le Qatar. Ils ont également insisté sur l’urgence de stopper l’agression contre la bande de Gaza, avertissant que la poursuite des hostilités risquait de plonger la région dans une escalade incontrôlable.
Par Karim Akli Daoudi
Ce sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, initié par le Qatar, avait pour objectif de renforcer la pression contre l’entité sioniste, exhortée plus que jamais à mettre un terme à la guerre et à la crise humanitaire qui ravage Gaza.
Les participants ont unanimement condamné l’attaque des forces d’occupation sionistes contre des responsables du Mouvement de résistance palestinien « Hamas » au Qatar, la qualifiant de violation flagrante de la souveraineté nationale et du droit international. Ils ont également réaffirmé la nécessité d’une réponse coordonnée face à ce qui a été décrit comme une guerre génocidaire.
Le président algérien, M. Abdelmadjid Tebboune, a exprimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Attaf, son entière solidarité avec le Qatar. « L’Algérie soutient sincèrement et loyalement le Qatar, son gouvernement et son peuple, et appuiera toute décision jugée nécessaire pour préserver sa souveraineté et assurer la protection de ses citoyens », a-t-il déclaré.
L’Émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, a dénoncé une décision délibérée de l’entité sioniste « d’assassiner des négociateurs œuvrant pour un cessez-le-feu », soulignant que l’occupant persiste dans sa logique d’extermination et d’expansion coloniale. Il a affirmé que cette agression constitue une transgression manifeste des normes internationales et un effort pour semer la division dans la région – une manœuvre vouée à l’échec, selon lui.
Plusieurs autres voix se sont élevées pour condamner l’agression et appeler à une réaction collective. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a estimé que l’attaque avait « franchi toutes les lignes rouges », qualifiant les justifications avancées de « faillite morale ». Le président palestinien Mahmoud Abbas a enjoint la communauté internationale à tenir l’entité sioniste responsable de ses crimes, rappelant que la clé de la stabilité régionale réside dans l’arrêt de la guerre, la fin de l’occupation et la reconnaissance des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.
Des propositions concrètes ont émergé, comme celle du Premier ministre irakien Mohamed Chia Al-Soudani, plaidant pour la formation d’un groupe de contact international chargé de défendre les droits des peuples arabes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a, quant à lui, réclamé que les responsables sionistes soient traduits en justice conformément au droit international.
Le roi de Jordanie Abdallah II a encouragé une refonte des mécanismes d’action commune pour faire face efficacement au péril sioniste. Dans son intervention, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a souligné que le sommet envoyait un message sans équivoque : les pays arabes et musulmans n’accepteront aucune atteinte à leur souveraineté.
Les participants ont conclu que cette rencontre constituait une opportunité décisive pour harmoniser leurs positions et prévenir de nouvelles agressions, appelant à des mesures dissuasives communes afin de garantir la sécurité collective.
KAD