Risques de certains sports/La passion jusqu’au dernier souffle

Le combattant américain d’arts martiaux mixtes (MMA) Isaac Johnson, âgé de 31 ans, est décédé cette semaine après s’être effondré sur le ring lors d’un événement organisé dans la banlieue de Chicago. Sa disparition a profondément bouleversé la communauté des sports de combat.

 Par Yakout Abina

Le jeune athlète participait à son tout premier combat professionnel de boxe thaïlandaise (Muay Thai) dans le cadre du « Matador Fighter Challenge », qui s’est tenu à Cicero, en périphérie de Chicago. Peu après la fin de l’affrontement, il a perdu connaissance dans la cage. Les secours présents sur place sont intervenus immédiatement avant de le transférer d’urgence au centre hospitalier universitaire Loyola. Malgré les efforts du corps médical, son décès a été déclaré peu après minuit, à 00h01.

Le promoteur de l’événement, Joe Goytia, a exprimé sa profonde tristesse dans un message publié sur les réseaux sociaux, déclarant ne pas trouver les mots pour exprimer ce qu’il ressentait face à cette tragédie.

Isaac Johnson affrontait Corey Newell dans la catégorie des poids lourds. Issu du MMA, il faisait ses débuts officiels en Muay Thai, une discipline réputée pour son intensité physique. À la suite de ce drame, la police de Cicero a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances précises du décès. Cet événement relance le débat sur la sécurité dans les sports de contact, où les risques demeurent importants malgré la présence de protocoles médicaux.

Autrefois connu sous le nom de free-fighting, le MMA (Mixed Martial Arts) est devenu, au fil des années, l’une des disciplines de combat les plus populaires dans le monde. Il combine plusieurs arts martiaux et sports de combat, tels que la lutte, le jiu-jitsu brésilien, la boxe et le kickboxing. Les affrontements ont lieu dans un octogone, une cage à huit côtés devenue emblématique, où deux combattants s’opposent lors de combats généralement composés de trois rounds de cinq minutes. La victoire peut être obtenue par arrêt de l’arbitre, soumission ou décision des juges.

Au-delà de son aspect spectaculaire, le MMA fait l’objet de nombreuses discussions sur la santé des athlètes. Selon une étude américaine publiée en 2019, près de 57 % des combattants auraient subi au moins une blessure sérieuse au cours de leur carrière. Dans le MMA comme dans la boxe professionnelle, plusieurs impacts sont portés à la tête durant chaque affrontement. Même en l’absence d’arrêt brutal, les traumatismes répétés peuvent avoir des conséquences graves sur le cerveau.

Des recherches ont montré que les chocs répétés peuvent entraîner, à long terme, une altération progressive des fonctions cognitives, avec des troubles de la mémoire, de la concentration et du langage. Dans certains cas, ces atteintes peuvent être associées au développement de maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson ou des troubles proches de la démence.

On parle notamment de « syndrome du boxeur » (dementia pugilistica) pour désigner une forme d’encéphalopathie traumatique chronique. Il s’agit d’une maladie dégénérative progressive du cerveau liée à des traumatismes crâniens répétés. Par ailleurs, les os du visage, du nez ou encore les côtes sont également exposés à des fractures plus ou moins graves.

L’histoire du sport a été marquée par plusieurs drames, comme celui du boxeur cubain Benny Paret en 1962, ou du Sud-Coréen Kim Duk-koo en 1982. Plus récemment, en 2019, le boxeur américain Patrick Day est décédé à la suite d’un grave traumatisme cérébral après un combat à Chicago.

De manière générale, on estime que la mort subite chez les sportifs touche entre une et trois personnes sur 100 000 chaque année, avec une fréquence légèrement plus élevée chez les jeunes athlètes. Ces décès surviennent le plus souvent à la suite d’accidents, de chutes, de collisions ou de problèmes cardiaques.

Cependant, le classement des sports selon leur dangerosité reste variable. Les disciplines sont souvent réparties en deux grandes catégories : celles présentant un taux de mortalité élevé, comme les sports extrêmes, et celles où la fréquence des blessures est particulièrement importante, notamment les sports collectifs et de combat.

Contrairement aux idées reçues, les sports de combat ne figurent pas parmi les plus mortels. Ils sont devancés par certaines disciplines pourtant perçues comme moins dangereuses. Le rodéo, par exemple, implique une interaction avec des taureaux sauvages dont les mouvements sont imprévisibles. Les risques de chutes, de traumatismes et de blessures graves y sont très élevés, malgré les dispositifs de sécurité.

Les statistiques indiquent qu’au moins 21 toreros professionnels sont décédés depuis 1989, bien que ce chiffre soit probablement sous-estimé puisqu’il ne prend pas en compte les amateurs. Un cas très médiatisé est celui du torero espagnol Iván Fandiño, mort en 2017.

Les sports mécaniques, tels que la Formule 1 et la moto, présentent également un niveau de danger élevé, en raison des vitesses extrêmes et des risques de collision.

En tête des disciplines les plus dangereuses figure l’escalade en free solo, où les grimpeurs ne disposent d’aucun équipement de sécurité. L’absence de corde et de harnais signifie qu’une simple erreur peut avoir des conséquences irréversibles. À cela s’ajoutent des facteurs humains, environnementaux et psychologiques qui augmentent encore le degré de risque.

À l’inverse, dans des sports très populaires comme le football ou l’athlétisme, la majorité des décès ne sont pas liés à des traumatismes, mais à des arrêts cardiaques soudains, notamment chez les amateurs. L’effort physique intense agit alors comme un déclencheur sur une pathologie cardiaque préexistante et non détectée lors du dépistage.

L’un des éléments les plus surprenants, et souvent ignoré du grand public, réside dans cette inversion de la perception du risque. Les sports considérés comme les plus dangereux, tels que la boxe ou la Formule 1, ont vu leur taux de mortalité en compétition diminuer ces dernières décennies grâce aux progrès des équipements et des protocoles de sécurité. À l’inverse, les sports à faible contact sont aujourd’hui responsables d’un nombre plus important de décès annuels par mort subite cardiaque.

Y.A

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