Racisme et xénophobie dans les stades/Le football européen gangréné

Jets de bananes, cris de singe, saluts nazis : le football européen gangréné par des actes xénophobes et racistes. Le phénomène a pris de l’ampleur, surtout avec la montée de l’extrême droite en Europe.

Par Malika Azeb

 

Depuis plusieurs années, des joueurs noirs ou métis originaires d’Afrique ou d’Amérique latine, ainsi que des footballeurs musulmans et d’autres ethnies, même de couleur claire, sont régulièrement victimes de racisme dans les stades européens.

En Allemagne, le joueur allemand d’origine ghanéenne Leroy Kwando, qui évolue dans le club Würzburg Kickers, est pris pour cible par un supporter de l’équipe adverse, qui lui a adressé des cris de singe.

Autre cas au stade Emirates Stadium à Londres, le joueur brésilien Neymar a été victime de racisme de la part des supporters lors d’une rencontre entre l’Écosse et le Brésil, qui lui ont jeté une banane en référence aux singes.

Plus récemment, en Italie, des chants de singes ont résonné au Juventus Stadium, en avril 2023, alors que l’attaquant Belgo-Congolais Romelu Lukaku marquait un but.

Cependant, le racisme n’est pas uniquement présent dans les stades européens. Ce phénomène est également remarqué en Australie et en Amérique du Nord et du Sud.

En Australie, un joueur de l’équipe de Sydney, un aborigène du nom d’Adam Goodes, a été victime de huées et de moqueries lors d’un match, et il a également été traité de grand singe par une jeune fille en 2014.

 

Et aujourd’hui ?

 

Samedi dernier, un club espagnol de 3e  division a refusé de continuer le match après une dispute entre son gardien de but et un supporter accusé de lui avoir lancé des insultes racistes, et ce seulement quelques heures après la condamnation par le Séville FC d’injures similaires contre l’un de ses joueurs et son entraîneur.

Lors du match entre Séville et Getafe, le joueur argentin Marcos Acuna a été traité de singe et son entraîneur Quique Sanchez Flores a été traité de gitan, selon le rapport d’arbitrage.

En effet, ces incidents interviennent après un match amical entre l’Espagne et le Brésil organisé sous le signe de la tolérance et de la lutte contre la xénophobie et le racisme !

L’organisation de cette rencontre est une réponse aux actes de racisme dont l’attaquant brésilien Vinicius Junior a été victime depuis son arrivée en Espagne en 2018.

De plus, le gardien de but sénégalais Cheikh Sarr, du club Rayo Majadahonda en 3e division, a été expulsé du match à la 84e minute après une altercation avec un supporter du club adverse Sertão River, qui l’a insulté après avoir marqué un but à la fin du match, poussant son équipe à quitter le terrain.

Cheikh Sarr, âgé de 23 ans, a subi des injures racistes de la part des supporters de Sertão River, selon la presse espagnole.

Vinicius Junior a condamné via les réseaux sociaux les trois cas de racisme qui ont eu lieu le samedi, regrettant : « Nous avons eu trois cas ignobles de racisme en Espagne rien que le samedi ».

Il a également salué le courage de Cheikh Sarr et de son équipe qui ont quitté le match en réponse aux insultes racistes de l’équipe adverse.

« Nous n’aurons la victoire que si les racistes quittent les stades pour aller directement en prison, une place qu’ils méritent », a ajouté Vinicius, lui qui était victime depuis déjà des années du racisme, notamment en 2023 à Valence, ce qui a suscité une vague d’indignation à travers le monde.

« Notre équipe ne reprendra pas le match après que notre joueur a été la cible d’insultes racistes inacceptables », a publié le club de Rayo Majadahonda sur les réseaux sociaux.

Ces incidents racistes et xénophobes dans le football européen témoignent d’un problème profondément enraciné dans la société. Ils sont une atteinte à la dignité et à l’égalité des joueurs, et ils vont à l’encontre des valeurs fondamentales du sport.

Face à cette situation, de nombreuses mesures ont été prises. Les instances dirigeantes du football européen, telles que l’UEFA et la FIFA, ont mis en place des règles strictes et des sanctions sévères pour punir les actes de ce genre. Les clubs et les ligues nationales ont également pris des initiatives pour sensibiliser les supporters  en vue d’éradiquer ces comportements.

 

Ces mesures (coercitives ?) et ces sanctions existent depuis plus  de deux décades et  elles n’ont donné aucun effet. Pourquoi ? Quand on saura pourquoi des Partis politiques xénophobes  ont le vent en poupe en Europe et arrivent au Pouvoir, on saura pourquoi on  n’arrive pas à empêcher le racisme de se rendre dans les stades.

 

M.A

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