Les forces israéliennes ont poursuivi dimanche leur offensive majeure sur la ville de Jénine et son camp de réfugiés, marquant ainsi le 13e jour consécutif de cette opération.
Par Karim-Akli Daoudi
Des frappes aériennes, des raids et des démolitions ont été menés, provoquant le déplacement de milliers de résidents et une intensification des violences dans la région, selon les médias.
Dimanche matin, un homme de 45 ans a été touché par balle dans le quartier de Jabriyat. Le Croissant-Rouge palestinien a pris en charge la victime, qui souffrait d’une blessure à la cuisse, comme l’a rapporté l’agence de presse Wafa.
Ces récents épisodes de violence font suite à une escalade sanglante samedi, lorsque les forces israéliennes ont bombardé un groupe de jeunes dans l’est de Jénine, tuant Ahmad Al-Saadi, âgé de 14 ans, et blessant deux autres personnes. Plus tard dans la journée, une frappe aérienne visant une moto a coûté la vie à deux autres Palestiniens, Noor Al-Saadi et Tammam Al-Saadi, tout en blessant une autre personne.
Dans la ville voisine de Qabatiya, une attaque de drone contre un véhicule a tué deux jeunes hommes, Saleh Zakarneh et Abed Alawneh. Ces décès portent le bilan total à 24 morts dans le gouvernorat de Jénine depuis le début de l’offensive, avec des dizaines de blessés.
Pendant ce temps, des renforts militaires continuaient d’arriver à Jénine et dans son camp de réfugiés, tandis que les forces israéliennes intensifiaient leur campagne de destruction. Plusieurs zones du camp ont été le théâtre de démolitions massives, les soldats forçant les habitants à évacuer leurs maisons avant de les transformer en postes militaires.
Mohammad Jarrar, maire de Jénine, a indiqué qu’environ 15 000 personnes ont été déplacées du camp de réfugiés et du quartier d’Al-Hadaf, cherchant refuge dans les localités environnantes. Il a également évoqué une grave crise de l’eau affectant les hôpitaux et près de 35 % de la population, après que les infrastructures hydrauliques ont été détruites par les forces israéliennes.
Jarrar a ajouté que près de 100 maisons dans le camp de réfugiés ont été entièrement rasées, qualifiant la situation de catastrophe humanitaire. Il a attribué cette offensive au programme politique d’extrême droite du gouvernement israélien, visant à renforcer son emprise sur la Cisjordanie occupée.
KAD
