
Une avancée majeure dans la fibre optique pourrait bouleverser les télécommunications. Des chercheurs de l’University College London (UCL) annoncent avoir atteint un débit record, dix fois supérieur à celui des réseaux commerciaux actuels, en exploitant les câbles existants. Une prouesse qui ouvre la voie à une nouvelle génération d’Internet ultrarapide, sans nécessiter de lourds travaux d’infrastructure.
Par Yakout Abina
C’est une prouesse qui pourrait transformer notre quotidien numérique sans qu’il soit nécessaire de creuser le moindre trottoir. Aujourd’hui, améliorer la vitesse d’Internet implique généralement de lourds travaux, comme ouvrir des tranchées et poser de nouveaux câbles.
Cependant, une équipe de chercheurs de l’University College London (UCL) annonce avoir franchi un cap historique dans la transmission de données, ouvrant la voie à une bande passante dix fois supérieure à celle que nous connaissons aujourd’hui.Déjà réputés pour avoir établi en 2020 un record mondial de vitesse à 178 térabits par seconde (Tb/s), ils annoncent aujourd’hui avoir repoussé cette limite en atteignant les 450 Tb/s, D’autres équipes, notamment au Japon, ont même franchi le seuil du pétabit par seconde (Pb/s) en laboratoire, mais l’exploit londonien est remarquable car réalisé sur des câbles commerciaux existants.
Pour mieux comprendre l’exploit, imaginez la fibre optique comme une autoroute. Jusqu’ici, seule une partie de la chaussée était utilisée pour faire circuler les données. Les chercheurs ont réussi à ouvrir de nouvelles voies, exploitant des zones du spectre lumineux restées inutilisées, ce qui permet de multiplier la capacité de transmission.
Contrairement aux expériences menées jusqu’ici en laboratoire avec des équipements spécialisés, l’équipe britannique a reproduit cette performance en conditions réelles. Le signal a été transmis depuis leur laboratoire de Bloomsbury jusqu’à un centre de données situé à Canary Wharf, en plein cœur de Londres.
Ce résultat représente dix fois le record actuel obtenu avec des infrastructures commerciales. Selon les spécialistes, cette percée pourrait transformer les réseaux existants en véritables autoroutes numériques, ouvrant la voie à une nouvelle génération de communications ultrarapides sans nécessiter de lourds travaux.
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont élargi le spectre de fréquences utilisé, allant de 1 264 à 1 617,8 nanomètres. Le principal obstacle, c’est que sur ces nouvelles voies, la lumière voyage moins bien. Elle se déforme, s’éparpille et arrive un peu “floue” à destination à cause de la texture du verre à l’intérieur des câbles (ce qu’on appelle l’indice de réfraction). L’équipe a dû mettre au point des algorithmes de correction inédits pour compenser ces anomalies physiques et garantir la clarté du signal sur plusieurs kilomètres.
Selon les chercheurs, cette approche pourrait accélérer considérablement l’adoption. Là où une refonte complète du réseau aurait exigé des investissements colossaux et des délais prolongés, cette solution pourrait être déployée en seulement cinq ans, ouvrant la voie à une nouvelle génération de communications ultrarapides.
Polina Bayvel, qui a travaillé sur cette technologie, souligne que « les humains ne sauraient pas exploiter une bande passante décuplée. Il n’y a qu’une quantité limitée de données qu’un individu peut traiter – on ne peut regarder qu’un certain nombre de films ».
En revanche, l’infrastructure numérique qui alimente l’intelligence artificielle génère un flux massif et continu de données. C’est précisément ce type de trafic que cette innovation pourrait absorber, transformant les réseaux existants en véritables autoroutes pour l’IA et les services connectés.
Y.A
