L’Algérie s’est illustrée sur la scène technologique mondiale grâce à trois de ses étudiants, à Shenzhen, en Chine, où ils ont décroché le grand prix de la compétition internationale Huawei dédiée aux technologies de l’information et de la communication (TIC).
Par Yakout Abina
Un trio d’étudiants algériens s’est distingué sur la scène internationale en remportant le grand prix de la compétition mondiale Huawei consacrée aux technologies de l’information et de la communication (TIC). L’événement, organisé à Shenzhen en Chine, a réuni plus de 220 000 étudiants issus de 2 000 universités et de plus de 100 pays. La victoire algérienne, obtenue face à une concurrence de haut niveau, place le pays sous les projecteurs et confirme son potentiel dans le domaine technologique.
Au-delà du talent individuel des lauréats, cette distinction met en lumière la montée en puissance de l’expertise technologique algérienne et la qualité de sa formation dans les domaines du numérique et de l’innovation.
L’équipe lauréate se compose de trois étudiants issus d’établissements de référence en Algérie. Parmi eux, on retrouve Kafi Majed Imane, qui poursuit son cursus à l’Université des Sciences et de la Technologie Houari-Boumédiène (USTHB), aux côtés de Labri Nidhal, formé à l’École Nationale Supérieure des Technologies Numériques et des Postes et Télécommunications (ENSTICP), et enfin Bouzid Nesrine, qui représente l’École Nationale Supérieure d’Intelligence Artificielle (ENSIA).
Les trois étudiants se sont brillamment distingués dans la catégorie Cloud Computing, l’un des piliers les plus stratégiques et compétitifs de la compétition. Ce domaine exigeait une expertise de haut niveau, mêlant architectures et infrastructures du cloud computing, solutions d’intelligence artificielle appliquée, ainsi que la conception et le déploiement de solutions numériques innovantes face à des défis techniques complexes.
Reconnue comme l’un des rendez-vous technologiques les plus prestigieux au monde, la Huawei ICT Competition rassemble chaque année l’élite des étudiants en technologies numériques. Véritable laboratoire d’innovation, cet événement met au défi les futurs experts en les confrontant à des problématiques concrètes et de haut niveau.
Dans un message de reconnaissance officielle, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a tenu à saluer la performance des étudiants algériens, la décrivant comme un « exploit technologique majeur ». Le chef de l’État a mis en avant le brio de ces jeunes talents, rappelant que ce succès international reflète la qualité de la formation nationale dans les secteurs de la science et de la technologie.
Le président a également profité de l’occasion pour encourager les jeunes talents algériens à continuer d’innover et de chercher. Pour lui, ce succès mondial fait la fierté de toute la nation et démontre le potentiel grandissant de l’Algérie pour s’imposer comme un acteur clé du numérique et de l’IA.
Cet exploit à la Huawei ICT Competition n’est d’ailleurs pas un fait isolé, mais s’inscrit dans une dynamique d’excellence globale pour la jeunesse algérienne. Dans la discipline reine des mathématiques fondamentales (le moteur même de l’IA), la délégation algérienne de l’École Nationale Supérieure de Mathématiques (ENSM), pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah (Alger), s’est illustrée lors des Olympiades Internationales Universitaires de Mathématiques à Moscou en 2025, en décrochant une médaille d’or grâce à Benmoulouka Mohamed Amir, et deux médailles d’argent par Aït Hamadouche Haïthem Idriss et Boufadjighene Abdennacir, sous l’encadrement des professeurs Mohamed Amine Zemiri et Mohamed Amine Ghezzar. Plus tôt, lors de la session en Bulgarie, les étudiants de l’USTHB et de l’ENSM avaient déjà raflé deux médailles d’argent et deux de bronze. De même, la jeune génération brille en robotique : lors du concours mondial « Codavour » à Doha, une délégation de jeunes talents algériens a décroché la 1ʳᵉ place mondiale en programmation et la 2ᵉ place en action climatique. Ces performances rappellent le parcours historique d’innovateurs algériens dans des programmes comme Stars of Science, à l’image d’Abderrahim Bourouis et de son projet « CtrlF » pour les enfants autistes, ou de Mourad Mohamed Benosman dans l’IA médicale.
Ainsi, bien au-delà de la simple récompense, cette succession de triomphes met en lumière la solidité de la formation technologique en Algérie et l’aptitude de sa jeunesse à se mesurer à l’élite mondiale. Qu’il s’agisse des clubs scientifiques ou des grandes écoles d’ingénieurs, ces succès envoient un indicateur puissant sur l’émergence du pays comme un acteur incontournable et plein de potentiel dans les domaines stratégiques du numérique, du cloud et de l’intelligence artificielle.
Y.A
