Dans le cadre de la lutte contre la hausse des cas de virus du Nil occidental, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel aux pays européens afin qu’ils renforcent la surveillance des moustiques ainsi que les campagnes de sensibilisation consacrées à ce virus.
Par Ikram Haou
L’OMS, en tant qu’agence des Nations unies, a pris de nombreuses initiatives pour protéger les populations contre le virus du Nil occidental. Elle recommande notamment aux personnes vivant dans les zones concernées d’appliquer les mesures de protection contre les piqûres de moustiques et de rester attentives aux symptômes d’une éventuelle infection. L’organisation rappelle que ces recommandations demeurent pertinentes, même si le risque pour la population reste globalement faible.
Concernant les statistiques de la progression de cette maladie en Europe, la Grèce est actuellement le pays le plus touché. Au 22 juillet dernier, elle avait enregistré 21 cas confirmés, dont la grande majorité sous une forme neuro-invasive, notamment une encéphalite ou une méningite. Treize des cas confirmés étaient hospitalisés. L’Italie a également recensé 21 cas confirmés répartis dans 17 zones différentes. Par ailleurs, d’autres infections locales ont été signalées en Espagne, en Roumanie et en Macédoine du Nord.
Il convient de noter que le virus du Nil occidental touche principalement les oiseaux, mais peut également infecter l’être humain et d’autres mammifères. Il tire son nom du district de West Nile, en Ouganda, où il a été isolé pour la première fois en 1937 chez une femme souffrant d’une forte fièvre. Transmis par la piqûre de moustiques infectés, il circule principalement dans les régions tempérées et tropicales. Aujourd’hui, il est endémique en Europe centrale, autour de la mer Méditerranée et en Amérique du Nord. Sa circulation s’étend généralement de la fin du printemps à l’automne, avec un pic de transmission observé entre juillet et septembre.
En Europe, des cas humains sont recensés depuis les années 1960. Toutefois, depuis une quinzaine d’années, la fréquence des infections s’est nettement accélérée.
Malgré les risques liés à ce virus, il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique pour l’être humain. La prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes, notamment le repos, l’hydratation et l’administration de médicaments contre la fièvre et la douleur. Les formes graves nécessitent une hospitalisation et peuvent même conduire à une admission en réanimation afin de traiter les complications neurologiques.
Selon le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Henri P. Kluge, ce virus n’est pas nouveau, mais sa propagation s’est accentuée ces dernières années en raison de conditions climatiques favorables, marquées par des températures plus élevées et des étés plus longs, qui prolongent la période d’activité des moustiques.
L’OMS a également détaillé les symptômes de l’infection, soulignant que près de 80 % des personnes contaminées ne développent aucun symptôme. Dans les autres cas, après une incubation de trois à six jours, la maladie se manifeste par une forte fièvre d’apparition brutale, accompagnée de maux de tête, de fatigue ainsi que de douleurs dorsales et musculaires. Dans de rares situations, l’infection peut atteindre le système nerveux central et provoquer une méningite, une encéphalite, une paralysie ou un coma, précise l’OMS.
L’agence a en outre rappelé les principales mesures de protection, tant à l’échelle individuelle que collective, afin de prévenir l’infection par le virus du Nil occidental. Elle recommande notamment de réduire ou de supprimer autant que possible les eaux stagnantes favorisant le développement des larves de moustiques (bacs, seaux, gouttières bouchées, vides sanitaires, etc.), de porter des vêtements couvrants et d’utiliser des moustiquaires. Elle appelle enfin toute personne présentant une forte fièvre, une raideur de la nuque ou des symptômes neurologiques après une piqûre de moustique à consulter rapidement un médecin.
I.H
