Dans le cadre du Forum de la Mémoire du quotidien national d’information El-Moudjahid en coopération avec l’association Machaal ech chahid, une conférence a été organisée pour commémorer Les manifestations du 27 février 1962 à Ouargla.
Par Ikram Haou
Animée par le Dr. Mohamed Lahcen Zeghidi, moudjahid et historien algérien, la conférence a vu la participation de plusieurs personnalités, dont M. Karim Younes, ancien président de l’APN, ainsi que des femmes moudjahidates, membres du Secrétariat national des moudjahidines, notamment Mme. Saliha Djeffal et Mme. Garmia. De nombreux moudjahidines et chercheurs étaient également présents. Le Dr. Zeghidi, qui a été chaleureusement remercié pour sa présence malgré une récente opération chirurgicale (Allah ychafih), a ouvert la conférence en rappelant que le plan de la France, depuis son entrée en Algérie, était un plan de survie. Il a souligné que l’Algérie, considérée comme le cœur et la tête du continent africain, représentait une porte d’entrée stratégique pour la colonisation des autres pays africains.
Après la colonisation effective de l’Algérie par la France, le peuple algérien a résisté à travers tout le territoire national, malgré les différentes méthodes de répression et de génocide employées par les forces coloniales. Ces méthodes allaient des incendies dans le nord à l’utilisation d’armes interdites dans le sud. Le Dr. Zeghidi a également évoqué la résistance saharienne, qui a duré plus de 70 ans, marquée par les combats de Zaatasha et des Touaregs. Cette résistance a exercé une pression considérable sur la France, l’obligeant à abandonner ses autres colonies, comme la Tunisie et le Maroc, pour se concentrer sur l’Algérie, tout en tentant de séparer le Sahara du reste du pays.
Cependant, cette tentative a été fermement rejetée par le peuple algérien. Pour la première fois, lors du Congrès de la Soummam, les chartes du Mouvement National et de la Révolution de Libération ont abordé la dimension géographique de l’Algérie, en fixant trois conditions non négociables : l’indépendance complète, la reconnaissance du Front de Libération Nationale (FLN) et l’unité territoriale de l’Algérie, incluant le Sahara.
Le Dr. Zeghidi a ensuite rappelé que le 27 février 1962, le peuple algérien s’est soulevé et a organisé des manifestations massives à Ouargla, avec la participation de citoyens venus de toutes les régions du pays, de l’est à l’ouest et du nord au sud. Ces manifestations ont prouvé l’unité indéfectible du territoire national et du peuple algérien, affirmant que le Sahara était et resterait algérien.
De son côté, la moudjahida Saliha Djeffal a insisté sur le fait que les manifestations du 27 février 1962, ainsi que d’autres actions similaires, ont démontré que l’Algérie était, est et restera algérienne pour toujours : “Notre Sahara est à nous, et nous l’avons récupéré grâce au sacrifice de millions de chouhada. La terre du Sahara a été arrosée par le sang des martyrs.” Elle a également dénoncé ceux qui, encore aujourd’hui, refusent d’accepter l’indépendance de l’Algérie, notamment certains courants de de la droite française.
Le moudjahid Aïssa Gassmi a quant à lui rappelé que l’unité du territoire algérien est un document fondamental, et que l’unité du peuple est l’une des conditions principales de la Déclaration de Novembre. Cette unité a été clairement réaffirmée lors du Congrès de la Soummam, où les Algériens se sont rassemblés autour de trois principes : l’unité du peuple, l’indépendance complète et l’unité du territoire national.
Malgré les tentatives de la France pour conserver le Sahara en raison de ses richesses, les moudjahidines et le peuple algérien ont refusé de céder. En moins d’un mois après les manifestations de Ouargla, le 17 mars 1962, les accords d’Évian étaient signés, accordant à l’Algérie son indépendance complète, l’unité de son territoire et de son peuple.
Les moudjahidines ont également adressé un message à la jeunesse algérienne, les appelant à préserver cette indépendance chèrement acquise. Le moudjahid Tahar Belhocine, de la quatrième wilaya, a déclaré : “Aujourd’hui, nous considérons chaque événement comme une victoire qui a contribué à l’indépendance de l’Algérie. Malgré la pression coloniale, nous n’avons jamais cessé de résister, du nord au sud.”
Ce forum se poursuivra tout au long du mois de Ramadan, abordant divers sujets nationaux liés à l’histoire et à la mémoire collective de l’Algérie.
I.H
