La déforestation désigne la régression durable des surfaces forestières. Ce phénomène est souvent associé à la dégradation fonctionnelle ou biologique des forêts. Les principales causes de la déforestation sont majoritairement humaines, notamment en raison d’activités illégales telles que l’exploitation non autorisée des ressources forestières.
Par Ikram Haou
Pour lutter contre ce fléau mondial, en Argentine, l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), en collaboration avec les autorités paraguayennes, a mené une opération d’envergure qui a conduit à l’arrestation de 26 personnes impliquées dans la déforestation illégale et le trafic de bois provenant d’arbres indigènes. Ces activités illégales étaient concentrées autour de la région frontalière entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay.
Interpol a précisé que cette opération, baptisée “Panthera Onca”, a permis d’identifier 2 réseaux criminels et 12 entreprises soupçonnées d’être impliquées dans la déforestation illégale et le commerce illicite d’espèces d’arbres indigènes. En outre, 28 délits distincts ont été recensés, et environ 1 000 troncs ainsi que 250 poteaux de quebracho (Schinopsis balancae) ont été saisis. Ce bois est particulièrement prisé pour sa densité et sa forte teneur en tanin, des qualités recherchées en ébénisterie.
Mme Kat Henn, directrice adjointe de la sécurité environnementale d’Interpol, a expliqué que « la déforestation illégale englobe un large éventail d’activités criminelles, allant de la falsification de documents au blanchiment d’argent et à la corruption ».
L’organisation MapBiomas a souligné que la région de la triple frontière – à la convergence du nord-est argentin, de l’est paraguayen et du sud brésilien – occupe une position stratégique qui en fait un point névralgique tant pour le commerce légal que pour les réseaux illégaux. Selon MapBiomas, l’élevage intensif est une autre cause majeure de déforestation dans cette région. En Amazonie brésilienne, par exemple, 77 % des forêts abattues entre 1985 et 2022 ont été converties en pâturages pour le bétail.
Par ailleurs, l’Union européenne, dans le cadre de ses efforts pour freiner la déforestation, a finalisé les négociations de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Bien que cet accord doive encore être ratifié, une nouvelle loi européenne entrera en vigueur en janvier 2026. Celle-ci interdira l’importation de produits liés à la déforestation, marquant ainsi une avancée majeure dans la lutte contre ce phénomène.
I.H
