
L’ONG Human Rights Watch (HRW) a réagi vivement aux propos de l’ancien président américain Donald Trump, qui a déclaré que les États-Unis envisageaient de « prendre le contrôle » de la bande de Gaza et que la population palestinienne « devrait en être évacuée ». Selon l’organisation, si une telle mesure était appliquée, elle représenterait « une escalade inquiétante du déplacement forcé et du nettoyage ethnique des Palestiniens de Gaza ».
Par Karim-Akli Daoudi
Dans un communiqué, HRW rappelle que le droit international humanitaire interdit formellement le déplacement permanent et forcé des populations vivant sur un territoire occupé. L’ONG précise que lorsque de tels déplacements sont effectués avec une intention criminelle, ils constituent un crime de guerre. Si ces actes s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre des civils, reflétant la politique d’un État, ils sont alors qualifiés de crimes contre l’humanité.
HRW affirme qu’une grande partie des destructions observées à Gaza résulte d’une « politique délibérée » visant à rendre certaines zones de la bande de Gaza inhabitables. L’organisation souligne que, depuis octobre 2023, les autorités d’occupation ont provoqué un déplacement massif et intentionnel de civils palestiniens, sans aucune justification plausible. Ces actions, selon HRW, sont « intentionnelles, généralisées et systématiques », et relèvent à la fois de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Dans certaines parties de Gaza, elles équivalent même à un nettoyage ethnique.
L’ONG accuse également les autorités d’occupation d’avoir délibérément imposé des conditions de vie insoutenables à la population palestinienne de Gaza, notamment en la privant de nourriture, d’eau et d’autres ressources essentielles à sa survie. Ces pratiques, selon HRW, constituent un crime contre l’humanité, pouvant être qualifié d’extermination, voire d’actes génocidaires.
Face à ces déclarations controversées de Donald Trump, largement condamnées à l’échelle internationale, HRW appelle les gouvernements du monde entier à exprimer une opposition ferme et collective à l’idée d’un déplacement forcé des habitants de Gaza. L’organisation les exhorte également à prendre des mesures concrètes pour prévenir de nouvelles atrocités contre le peuple palestinien.
KAD
