Le constructeur automobile japonais Nissan Motor entame une phase de transformation profonde, marquée par une série de décisions stratégiques affectant directement ses structures européennes, notamment son siège situé à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), dans le cadre d’un plan de réduction des effectifs.
Par Rihab Taleb
Ce bureau régional, essentiel dans l’organisation internationale de la marque — qui emploie près de 560 salariés et supervise également les opérations de Nissan en Afrique, au Moyen-Orient, en Inde et en Océanie — se trouve au cœur d’une vaste réorganisation visant à redéfinir les priorités du groupe et à restaurer sa compétitivité mondiale.
Depuis plusieurs années, Nissan fait face à une concurrence de plus en plus féroce, à une évolution rapide des attentes du marché — notamment en faveur de la mobilité électrique — ainsi qu’à des défis structurels internes.
Dans le cadre de cette stratégie de restructuration, le constructeur prévoit des changements majeurs. Pour l’instant, la direction privilégie les départs volontaires, jugés moins brutaux pour les salariés, avant de recourir éventuellement à des ruptures de contrat plus contraignantes, tout en écartant pour l’heure les licenciements forcés. Les négociations devraient aboutir d’ici le 20 octobre, avec une communication officielle prévue en novembre.
Dans un courriel daté du 31 juillet, le vice-président régional Massimiliano Massina a déclaré :
« Nous travaillons avec diligence et respect avec toutes les parties afin de nous assurer que ce processus soit mené avec soin, transparence et dans le respect total des exigences légales. »
L’ensemble de la procédure devrait donc s’inscrire dans un cadre rigoureux, transparent et conforme à la réglementation. Il a également précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise.
Depuis sa prise de fonction en avril, le directeur général Ivan Espinosa a lancé une réforme de grande ampleur : suppression de 15 % des effectifs, réduction de la production de 30 % — soit environ 2,5 millions de véhicules — et fermeture de plusieurs sites, ramenant leur nombre de 17 à 10. Cette stratégie vise à concentrer les investissements sur les pôles les plus rentables, à rationaliser la production et à redonner de la souplesse à l’organisation du groupe.
Cette restructuration suscite toutefois de vives inquiétudes parmi les salariés. Bien que le groupe mette en avant le dialogue social et l’accompagnement des employés, plusieurs d’entre eux, interrogés sous couvert d’anonymat, décrivent une atmosphère morose, marquée par des incertitudes croissantes et un profond sentiment d’instabilité.
Les syndicats, quant à eux, réclament des garanties concrètes sur la préservation des postes. Ils appellent également le groupe à investir davantage dans la formation et la reconversion professionnelle, plutôt que de procéder à des suppressions massives. La mise en place d’une cellule d’écoute psychologique et de dispositifs RH renforcés serait à l’étude pour accompagner les salariés concernés par les mesures.
Malgré ses avancées dans le domaine de l’électrification — notamment avec le modèle Nissan Leaf —, le groupe est appelé à accélérer ses efforts afin de ne pas se laisser distancer par une concurrence toujours plus innovante.
R.T
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