
Un attentat « terroriste » a eu lieu hier, dimanche matin, près du Parlement dans le centre de la capitale turque Ankara, a annoncé le ministère turc de l’Intérieur.
Par Tinhinane Ait Afrah
« Deux terroristes se sont présentés à bord d’un véhicule militaire léger vers 9h30 (6H30 GMT) devant le portail d’entrée de la Direction Générale de la Sécurité de notre ministère de l’Intérieur et ont perpétré un attentat à la bombe », a indiqué ce ministère. « L’un des terroristes s’est fait exploser et l’autre a été neutralisé.
Deux de nos policiers ont été légèrement blessés » par les flammes provoquées par l’explosion, précise le ministère sur X (ex Twitter). Le quartier visé abrite de nombreux ministères et le parlement qui devait ouvrir dans la journée d’hier sa nouvelle session de travail et devant lequel le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, devait prendre la parole. Quelques heures après l’attentat suicide, non revendiqué, qui a fait deux blessés hier, dimanche, au cœur de la capitale, Ankara, le président turc Recepp Tayyip Erdogan a mis en garde les “terroristes” et l’Union européenne, qui le fait “patienter depuis 40 ans”.”Les scélérats qui menacent la paix et la sécurité des citoyens n’ont pas atteint leurs objectifs et ne les atteindront jamais”, a-t-il martelé. Sur un autre volet, le chef de l’Etat devant la séance inaugurale du Parlement a affirmé, “la Turquie n’attend plus rien de l’Union européenne qui nous fait patienter à sa porte depuis 40 ans”. “Nous avons tenu toutes les promesses que nous avons faites à l’UE mais eux, ils n’ont tenu presque aucune des leurs” a-t-il dénoncé en ajoutant qu’il ne “tolèrera pas de nouvelles exigences ou conditions au processus d’adhésion” de la Turquie. “S’ils ont l’intention de mettre fin au processus d’adhésion qui n’existe que sur le papier, c’est leur décision”. La colère du président découle d’un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme qui a épinglé cette semaine la Turquie pour avoir condamné un homme pour terrorisme, sur la seule base de son utilisation de l’application de messagerie cryptée ByLock. De son côté, le parquet général d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête. Il a aussi interdit à tous les médias turcs, en particulier les télévisions, de cesser de diffuser des images du lieu de l’attentat. Le parlement qui entame sa session a été entre autre appelé à valider l’entrée de la Suède dans l’Alliance atlantique. Depuis mai 2022, la Turquie hésite à confirmer l’entrée de ce pays scandinave à l’OTAN, arguant de sa clémence envers les “terroristes” et les mouvements kurdes. De son coté, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a rapidement assuré dans un communiqué que son pays “confirme une fois de plus son engagement en faveur d’une coopération à long terme avec la Turquie dans la lutte contre le terrorisme”. De nombreux responsables étrangers ont également apporté leur soutien à la Turquie, exprimant leur “solidarité” et condamnant l’attaque. Ankara a été le théâtre de très nombreux et violents attentats au cours des années 2015-2016 revendiqués par les séparatistes kurdes du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan ou par le groupe Etat islamique. Lors du dernier en date, en mars 2016, une voiture piégée dans le quartier central de Kizilay, avait fait 38 morts et 125 blessés. L’attaque avait été attribuée au TAK, un petit groupe radical proche du PKK. En octobre 2015, un attentat devant la gare centrale d’Ankara attribué à l’EI avait fait 109 morts. Le dernier attentat enregistré sur le territoire turc le 13 novembre 2022, dans une artère commerçante d’Istanbul (six morts, 81 blessés), n’avait pas été revendiqué mais avait été attribué au PKK par les autorités. Pour sa part, le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunc, a, en condamnant hier, dimanche, l’attentat, assuré que « Cette attaque n’entravera en aucun cas la lutte de la Turquie contre le terrorisme », a-t-il ajouté, assurant que « notre lutte contre le terrorisme se poursuivra avec plus de détermination (…) ».
T.A.A
