L’utilisation des énergies renouvelables, notamment solaires, dans le secteur agricole permet d’améliorer la production et de réduire les coûts des produits agricoles, tout en réduisant la facture énergétique des exploitations, a souligné, mercredi à Tizi-Ouzou, l’expert en énergie Toufik Aksas.
S’exprimant lors d’une conférence sur les énergies renouvelables au service du secteur agricole, les chambres froides et l’auto-entrepreneuriat et les startup, organisée par la Chambre de l’agriculture de la wilaya, en coordination avec la Direction des services agricoles (DSA), M. Aksas a souligné l’importance d’une transition énergétique en agriculture notamment pour les petites exploitations.
L’objectif principal de cet événement, abrité par l’Institut de technologie spécialisé en formation agricole (ITSFA) de Boukhalfa, est de vulgariser l’utilisation de l’Energie solaire auprès des agriculteurs et des éleveurs, afin d’optimiser leurs coûts de production tout en assurant une gestion durable des ressources, selon le explications fournies par le conférencier.
L’expert en énergies renouvelables a souligné que l’Algérie, qui jouit d’un ensoleillement exceptionnel dépassant les 3.600 heures par an, dispose d’un atout majeur pour soutenir sa souveraineté alimentaire. “Le recours au solaire s’impose aujourd’hui comme une solution rentable et indispensable, notamment pour les zones isolées et éloignées du réseau conventionnel”, a-t-il affirmé.
Pour les exploitations agricoles situées dans les zones enclavées, l’énergie solaire représente une alternative technique et économique fiable pour faire fonctionner les systèmes d’irrigation, notamment les pivots d’arrosage, a-t-il relevé.
Aksas a insisté sur le fait que la technologie est désormais maîtrisée au niveau national, tant dans la conception des projets que dans l’installation des équipements. “Le matériel est disponible, et nous disposons en Algérie d’une expertise en ingénierie de pointe capable d’accompagner chaque agriculteur selon ses besoins spécifiques”, a-t-il ajouté, rappelant l’importance de la réalisation d’études de faisabilité pour garantir la pérennité des installations.
Pour la question du financement, il a expliqué que grâce aux dispositifs mis en place par l’Etat et aux conventions signées avec les institutions bancaires, les agriculteurs peuvent accéder à des crédits destinés à l’acquisition d’équipements solaires.
Abordant le deuxième volet de sa conférence concernant la préservation des produits agricoles, il a souligné l’importance de la réalisation de chambres froides, alimentées idéalement par l’Energie solaire, pour limiter les pertes post-récolte et réguler les prix sur le marché.
Il a rappelé que ce type de projet bénéficie aussi d’un financement de l’Etat sous forme de crédit bancaire couvrant jusqu’à 90% du coût du projet, le reste représentant l’apport personnel de l’investisseur.
Dans le même contexte, il a appelé les universitaires à se tourner davantage vers l’auto-entrepreneuriat en se lançant notamment dans le domaine de la mécanique, et à s’organiser en bureaux d’études composés de deux ou trois ingénieurs pour proposer des solutions innovantes et pratiques au secteur agricole.
RE/APS
