Dans la Nouvelle Algérie que M. Abdelmadjid Tebboune avait en tête en se présentant à l’élection présidentielle de 2019, la créativité, l’initiative et l’innovation occupaient une place prépondérante.
Par Nasser Mouzaoui
Ces grandes qualités, dont tout entrepreneur averti se doit de les faire siennes, figuraient en bonne place dans les 54 grands chantiers auxquels le candidat Tebboune s’était promis de s’atteler. Des chantiers ayant des allures de défis tant ils étaient énormes mais qu’il n’avait pas hésité à présenter aux Algériens comme des engagements à tenir. Des engagements les uns aussi gigantesques que les autres parmi lesquels deux sont particulièrement coriaces : la corruption et l’économie de la rente pétrolière. En venir a bout serait synonyme de la mort de la mentalité rétrograde ayant prévalu dans note pays depuis des décades.
Les deux armes secrètes du candidat Tebboune sont très connues de par le monde mais chez nous, elles ne sont connues que de ceux qui ont fait des études très poussées : la numérisation et les startups. Ces deux concepts à eux seuls sont porteurs de valeurs positives auxquels nos gouvernants n’ont accordé qu’un intérêt très très limité jusque là : la transparence, l’imagination, l’innovation et la créativité. Soit des valeurs à même de modifier des mentalités sclérosées par de longues années de fourberies, de gabegie, de fraude et de mensonges.
Elu à la magistrature suprême, M.Abdelmadjid Tebboune innove et crée un ministère pour la numérisation et un autre pour les startups. Une grande première. Et en même temps il prouvait à ceux qui en doutaient qu’il tenait à respecter ses engagements électoraux.
Respect de l’idée novatrice
Il n’y a pas si longtemps, à une autre époque où avait cours une autre mentalité, quand un jeune homme bardé de diplômes se présentait à une entreprise pour quémander un emploi, il avait droit à des regards narquois. Non mais qu’est ce qu’il lui avait pris de trop étudier celui-là? Où se croyait-il ? Auparavant il aura eu toutes les difficultés du monde à trouver une entreprise publique ou privée pour y effectuer un stage pratique nécessaire pour son mémoire de fin d’années. Pourtant le bon sens aurait voulu que des universitaires sur le point de finir leurs études supérieures soient accueillis à bras ouverts par les chefs d’entreprise au cas où il s’en trouverait parmi eux des génies susceptibles de booster leur business. En vérité, ces derniers se méfient des yeux et des oreilles ne faisant pas partie de leur personnel et qui pourraient colporter la « rumeur » selon laquelle leur gestion et le fonctionnement de leur société ne correspondent à aucun schéma économique connu.
Mais aujourd’hui, dans l’Algérie Nouvelle, les étudiants n’ont plus de souci quant à leur stage pratique parce qu’ils sont approchés à l’université même par des opérateurs économiques non seulement pour d’éventuels stages mais aussi pour discuter de leurs projets de fin d’études.
Cette métamorphose positive est obtenue grâce à l’arrêté ministériel 2-75 du 27 septembre 2022 stipulant que chaque mémoire de fin d’étude est susceptible de se muer en startup. Il va de soi que l’Etat pèse de tout son poids pour faire avancer les choses. D’abord parce qu’il s’agit là de nouvelles pratiques dans notre pays. Des pratiques inconnues et la nature humaine a horreur de ce qu’elle ne connait pas. Surtout si elle est mal intentionnée.
Pour accompagner les jeunes étudiants détenteurs de bons projets, l’Etat a mis sur pieds toute une batterie de facilitations et de mesures incitatives : accès à un fonds spécial, aide à l’obtention d’un local et simplification des mesures d’obtention de touts les papiers administratifs liés à toute activité commerciale.
A titre d’exemple, rappelons qu’en mars dernier, on a vu 14 idées d’étudiants de L’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene de Bab Ezzouar se transformer en autant de brevets d’invention enregistrés au niveau de l’Institut national de la propriété industrielle (INAPI).
Ces demandes ont été parrainées et signées par le recteur de l’USTHB qui n’a pas manqué de confier à la presse qu’il y avait 400 autres idées susceptibles elles aussi de devenir des startups.
Dans la Nouvelle Algérie, l’Université travaille en étroite collaboration avec les entreprises économiques. L’université est un établissement qui fournit de la manière grise à un environnement socio-économique. Elle est le pole du savoir dont toute économie a besoin pour prendre son envol ou maintenir son plan de vol.
Cette manière de faire nous provient de l’une des plus grandes économies mondiales. Quand Facebook a été créée en 2004 dans une chambre universitaire de Harvard par une bande de copains, c’était une startup. Une entreprise qui tenait dans un laptop. Aujourd’hui cette entreprise est devenue un mastodonte planétaire possédant plus de 3 milliards d’abonnés et lourdement cotée en bourse.
Dans la Nouvelle Algérie, un grand intérêt est accordé aussi au domaine des Arts. Le 5 juillet l dernier, le Président de la République a posé la première pierre de ce que sera la cité médiatique où se côtoieront des artistes de tous les secteurs. Parce que pendant très longtemps on a « oublié » que les arts pouvaient générer des richesses qui n’ont rien à envier aux revenus du pétrole. Il y a actuellement des pays à qui le cinéma et les fictions télévisées apportent à leur économie une aisance financière inestimable. Mais les systèmes politiques de ces pays avaient assuré les moyens matériels de cette réussite. C’est ce que l’Etat algérien est en train d’accomplir. La balle est dans le camp des artistes qui doivent montrer ce dont ils sont capables. Et ce n’est pas verser dans la démagogie que d’affirmer que nos jeunes sont capables d’accomplir des miracles pour peu qu’ils sachent qu’en face d’eux ils ont des dirigeants sincères qui veulent les voir réussir et qui mettent à leur disposition les moyens dont ils disposent. Les nations avancées nous ont dépassés par leur sérieux et leur abnégation face à l’effort.
Et les embuches ?
Les embuches, il y en a…Ils se recrutent notamment parmi tous les pays « ennemis » ou « amis » qui aimeraient bien voir le statu quo s’installer sous notre ciel pour que nous demeurions uniquement un marché pour leurs produits. Mais ce n’est pas ce genre d’embuches qui risque de détourner notre pays de sa juste trajectoire… Le danger est à chercher du côté de ce que nous considérions (à juste titre d’ailleurs) comme un allié objectif. Nous pensons à l’Intelligence Artificielle. L’Intelligence Artificielle dans un projet d’envergure peut être d’un grand secours pour effectuer de grosses opérations de calculs nécessitant une très grande concentration. Elle soulage le cerveau humain qui peut se consacrer à des tâches beaucoup plus nobles telles que l’imagination et la réflexion. Cette grande avancée dans le domaine de l’informatique séduit de plus en plus nos jeunes qui rêvent d’aller aux Etats-Unis pour l’étudier. C’est d’ailleurs ce rêve que le meilleur bachelier de cette année a confié au Président de la République. C’est légitime. Or, nous savons depuis l’Antiquité que les sciences et les technologies ne sont bonnes que si leurs utilisateurs sont animés de bonnes intentions.
Et voilà ChatGpt !
ChatGpt est un des multiples usages de l’Intelligence artificielle. Elle a vu le jour en Californie en novembre 2022. C’est une plate-forme numérique dont l’accès est totalement gratuit et illimité. Il suffit de lui donner une de vos adresses e-mail. ChatGpt fait tout. Il suffit de lui poser une question sur n’importe quel sujet et il vous donne des réponses d’une incroyable précision. Dans un premier temps on se dit que n’importe quelle encyclopédie en ligne peut faire ce travail. Erreur ! ChatGpt peut faire beaucoup mieux. Vous lui donnez les éléments d’un synopsis de film et il vous rédige un scénario de mille pages bien ficelé. D’ailleurs ces derniers mois l’actualité artistique mondiale est dominée par la grève qui secoue à ce jour Hollywood. Tous ceux qui y travaillent ont appris que les producteurs ont l’intention de les remplacer par une Intelligence Artificielle qui sait tout faire: les scénaristes, les traducteurs, les acteurs, les cascadeurs, les doubleurs (voix), tous voient l’avenir en noir.
En Allemagne le célèbre journal Bild a congédié tous ses correcteurs de presse parce que désormais leur travail est assuré gratuitement et avec une très haute compétence par un robot intelligent en ligne. Et avec un gain de temps extraordinaire. Là où un correcteur a besoin d’une heure pour corriger une page, ChatGpt n’a besoin que de 30 secondes !
Vous voulez lancer un nouveau produit sur le marché et il vous offre la stratégie marketing à suivre avec une précision si pointue que vous regretteriez d’avoir perdu les meilleures années de votre vie à l’école de commerce. Il suffit juste de lui décrire votre produit.
En moins d’une année ChatGpt a conquis le cœur de tous les tricheurs du monde. Il n’y a pas une seule université où l’on n’a pas mis le grappin sur des étudiants dont les exposés, les mémoires et les thèses ont été «pensés » et rédigés par cette Intelligence artificielle. L’angoisse des profs est d’autant plus grande que cette nouvelle forme de fraude est indétectable.
Et ce n’est pas tout ! Vous pouvez lui décrire en quelques mots une scène et en moins d’une minute il vous envoie « votre » dessin, en couleurs et avec une très haute résolution. Vous pouvez l’imprimer et y apposer votre signature. Vous êtes un artiste plus complet que les meilleurs étudiants des Beaux-Arts.
Alors qu’un peu partout en Europe s’élèvent des voix pour dénoncer une Intelligence artificielle qui encourage la fraude et surtout la paresse, Meta, la maison mère de Facebook, vient d’annoncer son intention de lancer sa propre Intelligence Artificielle, plus efficace, plus performante et plus facile d’accès encore que ses concurrents. Et le tout bien sûr gratuitement. GRATUITEMENT !
Difficile de demander à quelqu’un de créer et d’imaginer une solution pendant des semaines alors qu’un robot des states vous propose d’avoir une meilleure solution en 30 secondes. Quelle générosité ! Quel altruisme ! Et dans un siècle, si des humains restent encore sur terre, ils n’auront plus de cerveau. Les Grands Créateurs de la Silicon Valley l’auront réduit au point de fonctionner comme celui d’un insecte.
La solution ? Travailler, travailler, travailler, travailler pour créer notre propre science. Celle des « autres » est destinée à notre destruction.
N.M
