Formation estivale « Sanaa » Des stages pour initier les jeunes aux métiers techniques

Intervenant dans l’émission « L’Invité du jour » de la Chaîne III, Mme Ibtissem Abdellaoui a détaillé le programme de formation « Sanaa » (métier), destiné aux jeunes âgés de 15 à 27 ans et initié par le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels.

Par Malika Azeb

Chargée d’étude et de synthèse au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mme Abdellaoui a présenté un aperçu général de ce programme spécial consacré à la saison estivale, qui suscite déjà l’intérêt de nombreux jeunes à travers le territoire national.

Elle a indiqué que cette initiative s’inscrit dans le cadre des orientations de la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mme Nacima Arhab, visant à mettre à profit la période estivale. Elle a ajouté qu’à la suite des Olympiades des métiers organisées à Oran, un intérêt croissant des jeunes pour les formations techniques a été constaté, ce qui a conduit le ministère à proposer des stages entièrement pratiques durant l’été.

Mme Abdellaoui a affirmé que le lancement officiel du programme a déjà été donné par la ministre et que les inscriptions sont ouvertes via la plateforme numérique dédiée « Takouine/Sanaa ». Celles-ci se poursuivront jusqu’au 4 juin.

Quant au déroulement des formations, il est prévu entre le 15 juin et le 30 juillet au sein des établissements de formation professionnelle.

L’intervenante a précisé que le programme couvre six spécialités : la plomberie, l’électricité, la soudure, le froid et la climatisation, la peinture, ainsi que le plâtre et l’habitat. Selon elle, ces métiers figurent parmi les plus demandés par les jeunes et par le marché du travail.

Elle a également souligné que toutes les wilayas sont concernées par ces sessions de formation. Le programme est ouvert à tous les jeunes, qu’ils soient étudiants, scolarisés ou sans emploi. « Il n’y a aucune condition particulière. Le programme ne s’adresse pas uniquement aux étudiants, mais à tous ceux qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences et s’ouvrir à d’autres horizons », a-t-elle expliqué.

Mme Abdellaoui a ajouté que ces métiers sont particulièrement rentables pour ceux qui les exercent, compte tenu de la forte demande dont ils font l’objet.

Selon elle, même si Internet et les nouvelles technologies attirent aujourd’hui une grande partie de la jeunesse, ces métiers conservent toute leur importance en raison de leur caractère indispensable dans la vie quotidienne. « Même si l’intelligence artificielle attire aujourd’hui beaucoup d’attention, ces métiers resteront indispensables. Au contraire, nous souhaitons renforcer cette technicité qui est actuellement recherchée partout dans le monde », a-t-elle souligné.

Elle a également indiqué que ces formations pratiques sont entièrement gratuites. Le personnel enseignant des centres de formation est mobilisé jusqu’au 31 juillet afin d’assurer leur encadrement. Les activités seront supervisées par des professionnels maîtrisant déjà ces métiers sur le terrain. Il ne s’agit pas de formations à caractère théorique ou pédagogique, mais de stages entièrement pratiques, avec la possibilité de conclure des partenariats socio-économiques susceptibles de renforcer davantage ce dispositif.

À l’issue de la formation, les participants recevront une attestation symbolique qui pourra faciliter leur insertion professionnelle pour les jeunes sans emploi ou les encourager à créer leur propre activité.

Concernant les jeunes filles, l’intervenante a affirmé qu’elles manifestent également un intérêt croissant pour ces métiers traditionnellement considérés comme masculins. « Chaque année, nous enregistrons des inscriptions de jeunes filles dans plusieurs spécialités techniques. Il ne faut pas croire que les femmes s’orientent uniquement vers des métiers tels que la couture. Au contraire, nous avons enregistré des demandes dans la plomberie, la peinture et d’autres métiers pratiques », a-t-elle précisé.

Pour assurer le bon déroulement de ces sessions de formation, organisées pour la première fois en Algérie, Mme Abdellaoui a indiqué que tous les moyens logistiques nécessaires ont déjà été mobilisés à travers les différentes wilayas.

Elle a également expliqué qu’à l’issue de cette formation estivale, les jeunes souhaitant poursuivre leur parcours au sein des établissements de formation et d’enseignement professionnels pourront s’inscrire à des cursus plus approfondis afin d’obtenir un diplôme qualifiant.

Les élèves et les étudiants auront aussi la possibilité de suivre une formation professionnelle parallèlement à leurs études. « Quarante pour cent des stagiaires sont des universitaires », a précisé Mme Abdellaoui.

Par ailleurs, cette responsable a souligné que les formations proposées sont adaptées aux besoins en main-d’œuvre de chaque région du pays. C’est notamment le cas à Tindouf, Béchar et Oran, où certains stages sont orientés vers les métiers liés à l’activité minière, notamment autour du projet de Gara Djebilet.

Au terme de l’émission, l’intervenante a assuré que cette première édition de la formation estivale sera suivie d’autres éditions dans les années à venir, avec un élargissement à de nouvelles spécialités, notamment dans le tourisme, ainsi qu’à d’autres catégories d’âge.

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Les métiers d’été d’une autre époque

Dans les années 1970 et 1980, dès les premiers jours des vacances scolaires, de nombreux collégiens et lycéens partaient à la recherche d’un emploi saisonnier. Pour certains, il s’agissait de gagner un peu d’argent de poche ; pour d’autres, d’aider leurs parents à faire face aux dépenses du quotidien.

À cette époque, les vacances étaient souvent synonymes de débrouillardise et représentaient l’occasion de gagner ses premiers revenus en exerçant différents métiers saisonniers, selon la région où l’on vivait.

Dans les zones balnéaires, les jeunes vendaient des glaces transportées dans des glacières, des beignets, du thé ou encore des cacahuètes, en parcourant les plages tout au long de la journée.

Dans les régions montagneuses, ils travaillaient généralement dans les champs ou commercialisaient des produits agricoles tels que les figues, les figues de Barbarie ou encore des galettes préparées avec soin par leurs mères.

Les jeunes possédant déjà un savoir-faire dans des domaines comme la peinture, la plomberie, la maçonnerie, l’artisanat ou la cuisine profitaient également de l’été pour mettre leurs compétences à profit et gagner un revenu.

Les filles n’étaient pas en reste. Beaucoup se consacraient à des activités manuelles comme le crochet ou le tricot, soit pour occuper leur temps libre, soit pour vendre leurs réalisations.

À cette période, certaines entreprises et administrations publiques recrutaient également des saisonniers, notamment parmi les enfants de leurs employés, pour des tâches telles que l’archivage de documents administratifs.

L’argent gagné grâce à ces activités servait souvent à financer la rentrée scolaire ou à s’offrir quelques loisirs, comme une séance de cinéma.

Pour certains, le métier exercé durant l’été est même devenu une profession à part entière. C’est le cas de nombreux jeunes ayant commencé comme saisonniers dans la restauration avant de devenir cuisiniers professionnels, voire propriétaires de leur propre établissement dans une grande ville du pays.

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