Dans le hameau de Rafour, relevant de la commune de M’Chedallah (est de Bouira), les habitants ont commémoré samedi le 69e anniversaire de la disparition totale, le 6 mai 1957, de leur ancien village “Ighzer Iwaquren” et de l’expulsion forcée de sa population par les troupes coloniales françaises. Cette manifestation était conduite par M. Karim Belhaddad, représentant du ministère des Moudjahidine et Ayants-droit, et par Mme Houria Agoune, wali de Bouira. Ils se sont rendus ensemble sur ce site accidenté, marqué par les atrocités coloniales durant la guerre d’indépendance nationale. Ils ont déposé une gerbe devant la stèle où sont gravés les noms des combattants morts lors des affrontements avec les soldats français. Interrogé par l’APS, l’ancien moudjahid Aliouet Ahmed a évoqué cette tragédie : “Le 6 mai 1957, l’armée coloniale a réduit Ighzer Iwaquren en cendres, puis a chassé ses habitants vers Rafour, afin de couper les maquisards de la zone.” Selon lui, les forces coloniales soupçonnaient qu’un grand nombre de soldats de l’Armée de libération nationale (ALN) se cachaient dans cette région montagneuse, où l’ennemi avait subi de lourdes pertes après l’incendie du village. L’ALN décida alors de riposter en tendant deux embuscades à proximité. Les maquisards réussirent à dominer les affrontements et à abattre une cinquantaine de soldats français, avant de se replier dans les bois alentour, ajoute M. Aliouet. Des femmes âgées du lieu, qui ont vécu ces événements, se rappellent avec émotion le jour du brasier. “Deux jours avant, l’armée coloniale, qui avait encerclé toute la région, nous a ordonné de partir”, raconte Ouardia, septuagénaire. Les cérémonies comprenaient un programme dense élaboré par le comité d’organisation de l’association “Thadukli” et le conseil des sages de Rafour, inauguré le 1er mai par un semi-marathon réunissant plusieurs dizaines de coureurs.
A.B
