
Les ministères de l’Environnement et de la Formation professionnelle ont signé un mémorandum d’entente visant l’introduction de nouvelles spécialités environnementales. Cet accord s’inscrit dans une démarche de renforcement des compétences nationales en lien avec l’économie verte. Il ambitionne de mieux préparer les jeunes aux métiers du recyclage, des énergies renouvelables et du développement durable.
Par Chaimaa Sadou
Entre le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie et le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, confirmant l’orientation des pouvoirs publics vers le renforcement des compétences environnementales.
Le document a été paraphé par le secrétaire général du ministère de l’Environnement, Karim Baba, et celui du ministère de la Formation professionnelle, Seddik Koudil, sous la supervision des deux ministres, Kaouter Krikou et Nacima Arhab. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs cadres des deux secteurs, à l’issue d’une visite de terrain dans des structures activant dans le recyclage et la formation spécialisée.
L’accord prévoit la création de nouvelles spécialités professionnelles, liées à l’environnement, notamment les métiers de technicien en démantèlement des déchets d’équipements électriques et électroniques, technicien en maintenance des panneaux solaires et technicien en transformation des matières organiques en compost et valorisation de la biomasse. Ces formations répondent à la fois aux besoins croissants du marché du travail et aux exigences liées à la transition écologique.
Au-delà de la création de nouvelles filières, le mémorandum prévoit un renforcement de la coopération pédagogique et technique entre les deux ministères. Il s’agit notamment d’élaborer des contenus de formation communs, adaptés aux normes actuelles, et d’impliquer les professionnels du secteur environnemental dans la mise à jour des programmes pédagogiques.
L’accord met l’accent sur l’accompagnement des jeunes diplômés porteurs de projets innovants dans le domaine de l’environnement. L’objectif est de favoriser l’émergence de formations d’excellence, permettant d’atteindre des niveaux élevés de qualification et de faciliter l’insertion professionnelle, que ce soit par l’emploi salarié ou par l’entrepreneuriat vert.
Dans une déclaration à la presse, la ministre de l’Environnement a souligné que l’introduction de ces nouvelles spécialités permettra aux stagiaires d’accéder directement au marché du travail avec des compétences ciblées. Elle a insisté sur le rôle stratégique de ces formations dans le soutien à l’économie verte, notamment à travers le renforcement de la filière du recyclage et la mise en œuvre des nouvelles législations encadrant les activités de récupération et de valorisation des déchets.
Mme Krikou a également mis en avant les avantages accordés aux jeunes issus de la formation professionnelle, tels que les facilitations fiscales et financières, y compris les crédits octroyés par l’Agence nationale de gestion du microcrédit, afin de les encourager à s’orienter vers les métiers verts et l’économie circulaire.
De son côté, la ministre de la Formation professionnelle a affirmé que cet accord vise à sensibiliser les jeunes à l’importance des nouvelles spécialités environnementales à dimension socioéconomique. Elle a indiqué que des efforts sont en cours pour généraliser ces formations à l’échelle nationale, tout en adaptant les méthodes pédagogiques aux évolutions technologiques actuelles.
La visite ministérielle a également conduit la délégation à l’unité PAPIREC d’El Harrach, filiale du Groupe industriel du papier et de la cellulose. Spécialisée dans la collecte et la valorisation du papier et du carton, l’entreprise a été présentée comme un modèle dans la filière du recyclage. Sa capacité de production globale atteint près de 60 000 tonnes par an à l’échelle nationale, selon les responsables du groupe.
À travers ce mémorandum, les pouvoirs publics réaffirment leur engagement en faveur d’une formation professionnelle moderne, adaptée aux enjeux environnementaux et économiques. Cette initiative constitue un levier essentiel pour la création d’emplois durables, le développement de compétences nationales et la consolidation de l’économie verte en Algérie.
C.S
