Un événement solennel s’est tenu hier mardi à Alger pour marquer la Journée internationale dédiée à l’élimination de la violence envers les femmes. La cérémonie était coprésidée par la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, et le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa.
Par Youcef Hamidi
Placée sous le thème du respect mutuel, érigé en comportement civilisé et humain, cette rencontre a été l’opportunité de réaffirmer la volonté de concrétiser les principes constitutionnels de justice et d’égalité. La ministre Mouloudji a insisté sur la nécessité de garantir aux femmes une existence sûre, en rejetant toute atteinte à leur dignité qui freinerait leur participation à la vie socioéconomique.
Elle a présenté la protection des femmes et des filles comme la base fondamentale d’une société unie, reposant sur le respect et l’égalité des chances. Pour construire un environnement sain et sécurisé, la priorité doit être donnée à la prévention. Cela passe par le renforcement de l’éducation et de la formation des femmes, la sensibilisation à leurs droits, et une prise de conscience collective des effets néfastes de la violence sur les victimes et la cohésion sociale.
Sur instruction du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le secteur de Mme Mouloudji a mis en œuvre plusieurs dispositifs. Parmi ceux-ci figurent le numéro vert 1026 pour signaler les violences, et la création de guides spécialisés pour l’accompagnement des victimes, l’autonomisation économique et l’assistance juridique. Les plateformes numériques “Sanedcom” et “Himayati” ont également été citées comme des outils majeurs de conseil et de soutien.
Une campagne nationale de sensibilisation de 16 jours a été annoncée à cette occasion. Son objectif est d’alerter sur les dangers de la violence et de faire connaître les mécanismes de protection déployés par l’État.
Le ministre de la Justice a, pour sa part, détaillé les mesures juridiques entreprises. Celles-ci incluent l’introduction de dispositions protectrices pour les victimes dans le futur code de procédure pénale, le développement d’une application pour le suivi statistique des violences, et la facilitation de l’accès à l’aide judiciaire. Il a rappelé que le code pénal réprime déjà tous les agissements contraires aux valeurs sociétales, qu’il s’agisse de violences physiques, verbales, psychologiques ou économiques. La coopération avec les organisations internationales et la synergie entre les secteurs nationaux ont été saluées.
Le ministre de la Santé, représenté par son chef de cabinet, a souligné l’impérieuse nécessité de mobiliser tous les acteurs pour lutter contre ce fléau, dont les conséquences sur la santé sont graves et multiples. Son département s’engage à optimiser la prise en charge médicale et à renforcer les compétences des professionnels de santé pour un meilleur suivi des victimes.
Enfin, le représentant du ministère des Affaires religieuses a exposé l’approche de son institution, axée sur la diffusion d’une conscience religieuse éclairée, prônant la tolérance et le respect de la femme. Les conseils scientifiques et les fatwas condamnant les violences sont utilisés pour résoudre les problématiques familiales.
Le lancement officiel de l’application mobile “Himayati” et l’organisation d’un débat sur la prise en charge des victimes ont conclu cette journée de mobilisation.
Y.H
