
Une opération de lutte biologique contre la prolifération des moustiques a été menée dans la commune d’Ain Makhlouf, située à environ 60 km au sud de Guelma.
Par Rihab Taleb
À cette occasion, environ 1 000 poissons de type Gambusia affinis ont été introduits dans un bassin situé à Beldjoudi. Cette initiative de biocontrôle innovante marque le lancement d’une expérience pilote qui pourrait révolutionner les pratiques de santé publique et de protection de l’environnement dans la région.
Cette opération, conduite sous le slogan « La lutte contre les moustiques sans recours aux insecticides chimiques », repose sur un principe simple mais ingénieux : exploiter l’instinct alimentaire du Gambusia, un petit poisson d’eau douce mesurant entre 4 et 7 cm, originaire d’Amérique du Nord. Surnommé « poisson moustique », il est reconnu pour sa capacité naturelle à se nourrir de larves et d’œufs de moustiques. En les éliminant avant qu’ils n’atteignent le stade adulte, il devient possible de réduire significativement leur population, ce qui constitue un moyen efficace de prévenir les maladies hydriques. Ce type d’approche écologique a déjà fait ses preuves dans plusieurs pays.
Le choix du bassin du village de Beldjoudi n’est pas anodin : situé à proximité d’une zone densément peuplée, où les habitants sont régulièrement exposés aux piqûres de moustiques, il représente un site idéal pour tester l’efficacité de cette stratégie biologique dans un environnement habité. En cas de succès, cette méthode pourrait être étendue à d’autres wilayas.
Selon M. Fawzi Habita, directeur de la pêche et de l’aquaculture à Guelma, cette phase expérimentale n’est qu’un début. D’autres zones humides devraient être ciblées à moyen terme afin d’évaluer plus largement le potentiel du Gambusia.
Cette approche repose sur une collaboration étroite entre les services techniques, les experts en aquaculture et les partenaires institutionnels, dans une perspective de protection de l’environnement et de prévention sanitaire.
R.T
