Le 31 mai 1956, la bataille de Lefkaline, située dans l’actuelle wilaya de Mila, a marqué à jamais l’histoire de la Révolution algérienne. Ce jour-là, malgré une offensive d’une violence extrême lancée par les forces coloniales françaises, des moudjahidine et des civils ont fait preuve d’un courage extraordinaire, allant jusqu’à sacrifier leur vie pour la cause de la liberté. Chaque année, cet événement est commémoré pour honorer leur bravoure et leur dévouement pour la mère patrie.
Par Chaimaa Sadou
Aujourd’hui rattaché à la commune de Sidi Khelifa, le village de Lefkaline est devenu un puissant symbole de résistance et de loyauté envers la patrie. En cette journée tragique de 1956, cette région fut le théâtre d’un affrontement acharné entre les nationalistes algériens et les troupes françaises. Cet épisode rappelle avec force le lourd tribut payé pour arracher l’indépendance de l’Algérie.
Grâce à sa position géographique stratégique, Lefkaline constituait un point de liaison crucial entre plusieurs zones clés telles que Grarem-Gouga, El Milia, Teleghma et El Eulma. Conscientes de cette importance, les autorités coloniales françaises en avaient fait une cible prioritaire.
Au début de l’attaque, les troupes coloniales encerclèrent entièrement le village avant de lancer une offensive massive, appuyée par un arsenal militaire lourd et des bombardements aériens. Cette opération avait été facilitée par la trahison d’un habitant local, dont les informations livrées aux Français permirent une attaque surprise contre les combattants algériens.
Sous le commandement d’Ali Zeghdoud, connu sous le nom de Si Ali Laouati, les moudjahidine opposèrent une résistance farouche. Originaire de Mila, ce vétéran de la lutte pour l’indépendance incarnait l’esprit de la résistance. Bien qu’en infériorité numérique et matérielle, les combattants réussirent à abattre un hélicoptère ennemi et à infliger des pertes significatives à l’adversaire.
Mais cette résistance héroïque eut un coût très lourd : quarante et un martyrs tombèrent ce jour-là, parmi lesquels Ali Zeghdoud, son adjoint Mekki Mechri, ainsi que Mohamed Djebli et son père Rabah. La population civile fut également durement frappée : femmes, enfants et personnes âgées subirent une répression impitoyable. Pour les survivants, ce 31 mai reste gravé comme l’un des épisodes les plus douloureux de leur existence.
Les représailles françaises ne cessèrent pas après la bataille. Lefkaline fut la cible de plusieurs attaques dans les mois suivants, visant à écraser toute velléité de résistance. Cependant, ces violences n’eurent pour effet que de renforcer la détermination des habitants à poursuivre la lutte pour la liberté. Les sacrifices des martyrs de Lefkaline ont ravivé la flamme révolutionnaire et consolidé la volonté du peuple algérien de recouvrer sa souveraineté.
Aujourd’hui, la mémoire de ces héros demeure vive. Elle rappelle que l’indépendance de l’Algérie a été arrachée au prix d’efforts immenses et de vies précieuses. Chaque année, la wilaya de Mila rend hommage à ces hommes et femmes d’exception, saluant leur courage et l’héritage qu’ils ont légué : celui d’une nation unie, prête à défendre sa dignité et sa liberté.
c.s
