En 2023, Amnesty International a documenté de nombreuses violations des droits de l’homme au Sahara occidental, soulignant des atteintes spécifiques aux droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique, et d’association. Ces violations étaient principalement dirigées contre des individus soutenant l’autodétermination des Sahraouis. Dans son rapport annuel, l’ONG met en lumière les actions répressives récurrentes des autorités marocaines, qui ont notamment entravé les libertés de rassemblement. Parmi les cas cités, celui de Mahfouda Lefkir, une activiste sahraouie, est particulièrement notable. Entre mai et juin, son domicile à Laâyoune, sous contrôle marocain, a été surveillé étroitement après sa visite à Dakhla pour exprimer sa solidarité avec des militants locaux. Amnesty rapporte que les forces de l’ordre l’ont constamment suivie, empêchant ses camarades de la visiter et allant jusqu’à les agresser physiquement. Le rapport souligne également des incidents lors de la première visite de Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, où une manifestation pacifique à Laâyoune a été violemment dispersée par les forces marocaines, avec au moins 23 manifestants sahraouis malmenés, incluant des violences physiques et verbales. En septembre, à Dakhla, au moins quatre militants sahraouis ont été arrêtés arbitrairement par les forces marocaines et détenus pendant sept heures, les empêchant de rencontrer De Mistura. L’ONG critique aussi la répression du premier congrès national du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme, bloqué par les autorités en octobre. Des violations ont également touché des étrangers, comme le cas de Roberto Cantoni, un chercheur italien expulsé de Laâyoune en mai sans procédure régulière. Amnesty signale aussi des tortures et mauvais traitements infligés à Abd El Tawab El Terkzi, détenu arbitrairement en avril après avoir exprimé son identité sahraouie dans une vidéo. Le rapport aborde aussi les difficultés rencontrées par des militants marocains, dont des privations des droits à lire et à écrire en détention, illustrant le cas de plusieurs activistes et journalistes. Enfin, Amnesty dénonce l’absence de responsabilité pour les violences subies par des migrants africains en 2022, tués ou disparus lors d’affrontements aux frontières maroco-espagnoles.
T.A.A/Aps
