Dans le cadre de la compétition officielle du 17e Festival national du théâtre professionnel (FNTP), la pièce de théâtre Ed’diplomassi zewed’ha a été dévoilée au public dimanche soir à Alger, invitant à une méditation poignante sur la peur, ce sentiment qui emprisonne l’âme humaine.
Par Khalil Aouir
Cette pièce théâtrale, mise en scène par Khaled Ouenougui, combine deux nouvelles, à savoir Un diplomate et Le drame de l’écrivain et dramaturge russe Anton Tchekhov (1860-1904). Se déroulant sur une heure, Ed’diplomassi zewed’ha nous plonge en fait dans l’histoire de quatre jeunes comédiens en herbe, qui, tout en préparant une pièce de théâtre, se laissent envahir par une peur irrationnelle née de l’affrontement entre leur passé et leur avenir. Afin de surmonter ce tourment injustifié, ils décident alors de se libérer de toute forme de contraintes, et de cultiver la joie et l’optimisme, en dépit des souffrances qu’ils traversent. Le metteur en scène explique à cet effet que « la peur empêche l’homme de vivre et d’être libre et grand. La peur pour soi et pour les autres enferme l’âme et altère l’esprit humain ». À ses yeux, « l’humour, la parodie, la beauté et l’amour sont autant d’armes contre la peur ». L’enjeu essentiel de l’art consiste à juste titre à « résister à la peur qui brouille la vie », a-t-il souligné à l’issue du spectacle. Au fait, les événements de ce spectacle, interprétés par les comédiens Mohamed Amar (El Houdhi), Kamel Ouenougui (Aristakh 1), Kamel Djelfaoui (Mikhaél) et Khaled Benlahrèche (Aristakh 2), se tiennent dans deux espaces distincts, où le personnage d’ « Aristakh » traverse deux événements successifs : l’un ancré dans le passé et l’autre projeté dans le futur. En outre, la scénographie, conçue par Ahmed Rezzag, qui a aussi joué le rôle de conseiller artistique auprès du metteur en scène, a enrichi le spectacle d’une manière indéniable. Elle se compose de deux espaces : un intérieur représentant le bureau d’un comptable des chemins de fer et un extérieur où une charrue, tirée par un cheval, est subtilement suggérée par la laisse que le cavalier saisit, ajoutant une dimension symbolique à la mise en scène. Il convient de noter que le spectacle Ed’diplomassi zewed’ha a été présenté en Russie dans le cadre du 42e Festival international du théâtre Melikhovskaya Vesna (Le printemps à Melikhovo), qui s’est déroulé du 17 au 26 mai dernier à Melikhovo. De son côté, le 17e FNTP, qui a ouvert ses portes vendredi, se prolongera jusqu’au 30 décembre avec 19 spectacles en compétition, en plus de ceux programmés hors compétition à la salle Hadj-Omar (TNA), au Théâtre municipal d’Alger-centre et à la Place Mohamed-Touri.
KH.A
