La salle Hadj Omar du Théâtre national d’Alger Mahieddine Bachtarzi a accueilli, samedi dernier, le spectacle “Houna Wal Ane”.
Par Malika Azeb
Cette pièce théâtrale est produite par la coopérative artistique et culturelle “Wach”, en collaboration avec le Théâtre national d’Alger et l’Institut supérieur des métiers des arts et du spectacle (ISMAS), avec la participation des artistes Inés et Lydia Fettan.
Ce monodrame, qui allie dramaturgie et danse contemporaine, est une ode à la femme, l’invitant à se libérer de ses angoisses et à vivre pleinement, tout en se projetant avec sérénité vers l’avenir.
Écrit et mis en scène par Samah Smida, “Houna Wal Ane” se veut un plaidoyer pour l’émancipation féminine. Il invite les femmes à prendre leur destin en main, sans se laisser emprisonner par les blessures du passé, au risque de compromettre leurs réalisations et de nourrir des appréhensions paralysantes.
Le spectacle, qui aurait pu porter le titre “Carpe Diem”, présente une leçon de vie universelle : vivre l’instant présent sans être alourdi par le passé ni apeuré par le futur. Il exhorte chacun à profiter de l’instant, à se libérer des tourments anciens et à envisager l’avenir avec espoir.
La mise en scène se déploie sur un plateau parsemé de feuilles imaginaires d’un journal intime, dans une atmosphère tamisée, baignant dans un éclairage sombre et feutré, sur fond musical mélancolique.
Une femme élancée, vêtue de noir, avance sur scène, esquissant des gestes gracieux au sein d’un espace circulaire, entouré de photos et de pages volantes, comme pour symboliser un monde confiné, un souffle de vie restreint.
Au-dessus d’elle, des étoffes et vêtements suspendus figurent les moments décisifs de la vie : bouleversements, déséquilibres et rebondissements. La musique accompagne une gestuelle raffinée, traduisant le rythme de l’existence. Le corps, en perpétuel mouvement, raconte une suite de moments de détresse que la protagoniste rejette par des gestes brusques et agressifs, tandis que son visage adopte des traits fermés et glaciaux.
L’artiste se déplace avec lourdeur, progressant vers l’avant, exprimant ainsi une volonté de renaissance. Pourtant, ce désir d’avancer se heurte à des postures assises ou couchées à même le sol, illustrant la descente dans les abysses de l’incertitude et du doute.
Samah Smida a expliqué que « le message que je voulais transmettre au public à travers ce spectacle est l’importance de se reconstruire, en faisant abstraction des déceptions passées, tout en en tirant les enseignements nécessaires pour éviter de reproduire les mêmes erreurs ».
La création de “Houna Wal Ane” a bénéficié du soutien de Hamza Djaballah, ainsi que de celui d’Iheb Mahfoud, un jeune photographe talentueux, qui a organisé une exposition de portraits du spectacle dans le hall d’entrée de la salle.
Selon certains spectateurs, cette production mériterait d’être jouée dans la grande salle du Théâtre national d’Alger et de bénéficier de moyens renforcés pour une diffusion plus large.
« Ce spectacle aurait toute sa place à la 7e édition du Festival national du théâtre féminin d’Annaba. Il porte un message exclusivement féminin, puissant, qui répare les esprits par la force du bon sens et de la raison », a confié une spectatrice coiffée d’un chapeau capeline.
Avec une scénographie minimaliste et une bande sonore empruntant des extraits musicaux soigneusement choisis, Samah Smida adresse un message à tous ceux prêts à entreprendre un travail sur eux-mêmes, afin de repartir sur des bases plus solides.
Diplômée de l’ISMAS en 2005 en chorégraphie, option danse contemporaine et danse-thérapie, Samah Smida prévoit encore quatre représentations de “Houna Wal Ane” au Théâtre national d’Alger.
M.A
